vendredi 11 octobre 2013

Du songe au rêve : Eden’Garden

Très étrangement, la nuit de ma première rencontre avec  l’Adam du yoga…Mes R’EVE(s) m’ont offert la meilleure nuit que je n’avais pas eu depuis longtemps : comment expliquer que depuis les êtres passés que j’avais même oubliés mais appréciés viennent me retrouver accompagnés des êtres que je voudrais rencontrer ? A chaque fois, dans le rêve, je suis plongée dans le noir…à chaque fois, je dois poser ma lampe frontale, écarter  des rideau, et de ma fenêtre j’aperçois dans leur quotidien, pas forcément heureux, les personnes que j’aime. Alors, avec ma loupiotte, je fais des appels de phare, et avec la leur, ils me répondent… Alors je ferme les yeux, seconde scène, nous sommes tous réunis et alors nous partageons de merveilleux moments… Bien entendu, je fais  comme le souligne Mother dans ses Ecrits : avant de me lever, je ne bouge pas la tête de l’oreiller et je tire les fils du rêve en commençant par la fin et je me rappelle de TOUT…ce qui ne m’arrivais d’ordinairement JAMAIS.  Cela m’emplit d’une grande joie et je me sens plus reposée. 


C’est ainsi que jeudi, je me suis réveillée à 6h pour aller au jardin comme s’il était 11h, sauf qu’en plus, il y avait le plaisir d’un peu de fraîcheur extérieure.

J’ai sommairement déjeuné, noué mon foulard autour de la tête, enfourché mon vélo et rendu devant l’ashram.

J’ai commencé par aller ressentir la bienfaisance du lieu autour du Samadhi de Sri Aurobindo où l’on peut se poser le temps que l’on veut, dans le silence d’une cour magnifique protégée par un magnifique et gigantesque arbre central qui surplombe la tombe recouverte de milliers de fleurs fraîches et autour de laquelle fument et s’élèvent dans le ciel des volutes d’encens allumés par les dévots.  Je ferme les yeux et me laisse bercer par l’atmosphère apaisante…la mort ici ne rode pas, Sri Aurobindo est bien là de par l’indicible énergie qui se dégage du lieu.
Je suis ressortie de là très calme. Et j’ai grimpé dans le mini-bus qui mène les travailleurs au jardin. Tout de suite m’ont rejoint des têtes connues de l’an passé, d’autres non : toutes avec un sourire tel que je n’ai pu me dire «  J’ai ma place. » Pas besoin de mots… Mais il y en a eu…J’ai retrouvé mon véritable italien, ashramite de longue date, philosophe et homme de théâtre du quotidien, âme sensible et généreuse, boudeur et flatteur…Un homme vraiment sympathique à découvrir.  
La ville à traverser est toujours aussi bruyante, les boules quies s’imposent, les lunettes aussi…pollution, pollution qui va grandissante.
A l’arrivée, les chiens du lieu m’ont grandement fait la fête, j’étais trempée de bave et secouée dans tous les sens car ils se mettaient droits sur leurs pattes arrière en posant leurs pattes avant sur mes avant-bras. 
Kirandi, la « patronne » des lieux m’a appelée. D’emblée elle m’a conviée à une fête privée de l’ashram dimanche matin. Une énorme puja, où chacun vient montrer son art. Vraiment, je suis touchée. Je devrai me rendre premièrement à sa maison près du temple de Ganesh. Puis nous partirons tous ensemble pour une matinée que je pense magnifique. A priori, j’aurai le droit de prendre des photos et j’espère pouvoir le faire pour partager cet « extra ». 
On m’a proposé avant le travail, des samosas de légumes frits et épicés. J’ai décliné l’offre car l’odeur m’avait écoeurée dans le bus et je ne veux plus manger cela. Ils n’y ont vu aucun problème et ça m’a rassurée. J’ai aussi par la suite refusé le jus qui cette fois n’était pas fruité : c’était du butter Milk à la coriandre. C’est excellent, y compris pour la santé, surtout fait maison comme ils savent le faire ici, mais je me refuse également tout met issu des animaux… Ce qui est amusant, c’est que par terre j’ai trouvé une mini banane que j’ai voulu manger et elle était atrocement amère ce qui a été un peu ma punition ! Du coup, la prochaine fois, je prévoirai un petit en-cas personnel car le travail peut être un peu difficile sous le soleil.
Suite au petit déjeuner des autres, la matinée a commencé par la puja hebdomadaire : autour d’un petit autel dédié à Sri Aurobindo et Mother sur lequel leur bouquet ( toujours le même pour Mother qui incarne la structure- différent pour Sri Aurobindo pour la partie libre de l’être), était disposé.
La puja est encadrée par des mantras autour du travail au jardin, pour que la nature et les éléments telles que la pluie, le soleil, la terre, l’air…le souffle, puissent apporter force et énergie aux végétaux. Ils sont déclamés en  sanskrit par un professeur que je suivais l’an passé à l’école et qui lance à chaque fois la mélodie, les incipit avec une voix extrêmement belle, claire, sensible…Alors les workers se mettent à chanter à leur tour, comme une réponse, écho qui renouvelle la demande à la Nature. C’est toujours très émouvant et j’avoue avoir eu les larmes qui me sont montées aux yeux…
J’ai ensuite donné les graines que j’avais ramenées d’Afrique et de France à Kirandi, et je me suis mise en compagnonnage avec Krishna pour aller commencer mon travail du jour qui n’a pas été trop compliqué à part le faire sous un soleil de plomb…Eau : indispensable. Comme l’an passé, la cueillette a commencé par les fleurs blanches Mental Clarity. Elles poussent sur de  petits arbres, tout en rondeur…Il faut les cueillir très délicatement à la base. Sur place, ce sont les indiennes qui travaillent tout le temps sur place qui nous arrêtent en fonction de la quantité souhaitée.  Par contre, mes bras ont fait leur centre d’intérêt : elles n’ont cessé de me les tâter pour me dire qu’ils étaient « fins, très fins… » . Ca n’arrête pas depuis mon arrivée, je le prends bien mais ça commence aussi un peu à me gêner… Ma main de Fatma autour du cou et la petite elfe aussi leur ont plu…Du coup, dès que je tournais la tête vers elles, elles me regardaient, avec un large sourire…BELLES…et drôles !
Après, Krishna a eu la gentillesse de m’offrir une petite balade autour des lacs de nenufars ( symboles de l’argent) et de lotus ( rose pour Sri Aurobindo, blanc pour Mother)… Magique, magnifique… Quelques petites rencontres batraciennes qui m’ont fait vraiment du bien : je suis fan des grenouilles depuis mon enfance et je crois qu’elles m’aiment bien aussi ! 








Ensuite, nous sommes revenues tout doucement à la maison et nous sommes installées pour nettoyer d’autres fleurs à tiges qui servent à la confection des 50 bouquets commandés par les divers départements de l’ashram ce jour-là.

J’ai fait la connaissance d’une nouvelle amie : Adèle… à croire que mes amies ont souvent des noms d’oiseaux ou de fleurs ( la prochaine dont je parlerai s’appelle Fleur !)

Adèle est franco-polonaise, et vit à Pondichery depuis quelques années. Tout de suite nous sommes parties à discuter –tout en travaillant- sur des sujets qui me portent en solitaire en France. Quel bonheur ! Nous nous sommes tellement embarquées dans la discussion, qu’une femme – que déjà ne n’appréciais pas trop l’an passé- est venue me bousculer en me disant que je faisais mourir les fleurs en parlant trop. Ça m’a vexée et fait mal. Je lui ai répondu sèchement que j’étais capable de faire les deux en même temps et que les fleurs se portaient très bien puis comme effectivement la règle est de ne pas trop parler- le problème est la façon dont on me le demande, pas le fait lui-même,- je me suis tue. Mais pas Adèle ! Du coup, on est repartie en hirondelles mais à « messe basse »… La femme qui m’avait stoppée par contre s’est lancé dans un blabla avec une autre insupportable…Bon, je n’ai pas eu envie de lui renvoyer la balle… inutile.
Cette matinée s’est terminée tranquillement, et moi j’étais bien heureuse d’avoir retrouvé ce lieu merveilleux. 
Girl's in Harmony


Harmony Flower
 Pendant le retour, évidemment, les hirondelles sont restées scotchées, entourées d’énormes sacs de noix de coco. Et devinez quoi ? Alors que depuis deux jours je commençais à flancher sur ma row food car non bio, fatigante à aller chercher, avec l’odeur dans le nez des masala dosai ici et là…Alors que j’avais demandé le soir même de « l’aide » pour m’aider à ne pas me faire du mal par les conséquences que partir sur du cuit et du gras allaient avoir sur moi, Adèle me propose d’aller à un restaurant avec elle.
Sur le coup, je me crispe un peu : elle rajoute «  C’est un restaurant qui fait du CRU ! » Waouhhhh ! Je lui ai fait répéter trois fois ! Et évidemment, j’ai sauté sur l’occasion, d’autant plus que quelques temps avant, j’avais ouï parler de ce restaurant mais sans avoir mis la main dessus.

Quel bonheur d’avoir pu m’asseoir les pieds sous la table, d’avoir PARTAGE  un long temps avec une personne intéressée, intéressante, TRES bavarde ( …buvarde…aussi !) avec un repas BON,BON,BON même si j’ai asticoté la serveuse tant j’étais persuadée que le riz était cuit, et qu’il y avait du lait dans le jus de légumes . Non, toujours coconut milk, ou les petits laits naturels des épices. Le seul soucis que j’ai eu mais par goût c’est la sauce sucrée je pense à la datte dans laquelle ils rajoutent une espèce de mélasse de gingembre qui rajoute du sucre inutile, et que j’ai retrouvée dans la salade de fruit. Après, vu que le riz avait tout de même la consistance du cuit ( ils le pilent, le font tremper…le mixent…), je ne prendrai plus de fruits avec ou plus de riz car j’ai senti après un peu de difficulté pour digérer. Par contre je suis tombée en extase devant la soupe froide : ail, oignon,gingembre,coriandre ! Un truc de DINGUE, si bon, qu’il a fallu la manger avec la pointe de la cuillère le plus lentement du monde tant les saveurs éclataient sur la langue. Adèle a sombré pareillement ! 









En aparté, ma nouvelle comparse m’a raconté avoir attrapé la dengue avec son fils l’hiver dernier : en quelques jours elle a perdu 6 kilos, ses cheveux, vécu un enfer. Elle a refusé- ce que j’aurais fait- les soins traditionnels allopathiques et a été conduite chez l’homéopathe de l’Ashram (gratuit). Il leur a donné quelques remèdes dont une formule étonnante qui leur a fait passer 4h par jour elle et son fils dans un étonnant partage. Ils devaient dissoudre les granules dans de l’eau et prendre une petite cuillère du mélange toutes les 2 minutes ! Ce qu’ils ont fait. Trois jours après ils étaient sur pieds. Depuis, plus aucun signe, les cheveux ont repoussé vite. Étonnamment, près de nous mangeait une ancienne amie qui justement ne l’a pas reconnue car la dernière fois elle n’avait pas ses cheveux. Preuve sur table si l’on peut dire du coup !


Je suis rentrée enchantée de cette matinée, un peu claquée quand même. Et là, je rencontre en moto, l’enseignante de l’école, très heureuse de me revoir, qui m’invite immédiatement à une autre fête et me demande de passer à l’école pour raconter aux enfants de l’an passé, l’école à l’africaine. Hasard ?


Je n’ai pas eu l’énergie de me jeter sur l’écran évidemment pour clore la journée et me préparer au cours …tout autant extraordinaire et surprenant du lendemain…par son contenu et ses rencontres…


Déconn’ec-tic Girl

Si je comptais le nombre de fois où je pense : «  Ah, enfin, apprendre à déconnecter… » Système BRAIN : OUT OF ORDER… dans le sens « sans ordre » : je me SENS MIEUX…  Juste gérer son propre temps-tempo-timing…Pas simple et simple à la fois. Plus je me sens libre, plus j’ai besoin moi-même de me mettre un cadre d’action à la semaine et c’est ce à quoi je m’emploie depuis mon arrivée mais tout se place tellement naturellement que je m’en étonne moi-même…mais telle était ma prière-demande…telle elle reste…Je me sens plus que tout accompagnée, entourée, aimée…Comme si l’invisible avait mille que dis-je, un milliard de fois plus la capacité de m’offrir les conditions de pouvoir agir et partager dans des lieux où d’autres existent. Mais des autres à qui je n’ai rien à dire, je veux dire, rien à dire qui m’épuise comme c’est souvent l’habitude tellement je me sens…autre/différente/étrangère ( en mon propre pays…)…  avec un entourage qui s’impose plus que celui que je ne parviens à choisir ou à trouver dans cette énergie qui me porte ici…
Je vis des choses simples mais fortes…parfois je voudrais sauter sur mon ordinateur et écrire, écrire, raconter…mais le mot «  déconnecte » sonne à mes oreilles et la fée électricité me convainc que si je descends dans la salle d’ordinateur, je n’aurais de toute façon pas le loisir d’aller jusqu’au bout de ce désir de partage « à chaud ». Alors, je m’installe calmement au petit bureau de ma chambrette et je lis, je travaille, je pense, j’apprends, je remets en question, je cherche des solutions…je demande… » Et je me retrouve la plupart du temps de façon ironique dans le … Noir… petite fée a ses raisons que la Raison n’approuve pas. 


Alors ça m’amuse de continuer à forer l’obscurité…en allumant mon troisième œil…besoin d’imago, d’incarnation…Alors je me transmute en chercheuse d’or…à la recherche de la lumière. 



mercredi 9 octobre 2013

Une fille à RE(m)PLACER



Je suis toute chamboulée car je reviens de ma rencontre avec le super(BE) ( il faut le dire...), enseignant du  Yoga Iyengar Way situé juste en face du lieu où je loge: bien entendu, il ne s'agit que d'un infime hasard...

Je m'attendais à tout sauf à ce type de rencontre. Je téléphone hier, vautrée sur la natte de mon balcon, percluse de douleurs musculaires après n'avoir que très peu marché et avoir fait, je l'avoue, beaucoup de moto - eh eh- les cheveux en plein vent, à peine tenue dans les rues de la ville...( ça, c'est unique et ça oblige à lâcher ses peurs, à faire confiance au conducteur et à détendre son corps pour ne pas être éjectée toutes les deux secondes...bon je remets ça très vite...)

Un monsieur me répond d'abord en Tamoul, puis très vite en anglais. Je lui explique que je souhaite prendre des cours de yoga chez lui tant j'ai entendu la qualité de ses cours mais sans vraiment savoir de quoi il s'agit.
Il me donne rendez-vous ce matin à 10h30.
Je suis d'abord incapable de trouver la porte dans une impasse sans numéros. Je retéléphone, une femme me répond et tente de m'expliquer un milliard de fois. Je lui demande de sortir pour que je la vois, rien à faire...du coup, je retourne à la guest house et me fais escorter par le gardien.

Bref. En arrivant une femme se penche au-dessus des escaliers et m'invite à entrer dans une salle de bain et à me laver les pieds. Je souris et m'exécute. Si tu l'as déjà fait chez toi, tu recommences. Pour moi c'est déjà un bon signe.

J'attends deux minutes sur un banc en marbre. Une porte s'ouvre et 4 élèves sortent dont trois blanches et une africaine. J'aperçois un indien en petit short moulant et débardeur avec une tenue assez...incroyable...je ne saurais comment le dire, mais il "porte" le yoga en lui, comme une danseuse classique pourrait porter le maintien de cette danse en elle... Mais là, il y a une aura hallucinante qui se dégage de cet homme dont je suis incapable de donner l'âge: entre 45 et 65 ans peut-être ? Oui, ma fourchette est large mais quand une personne prend soin d'elle, c'est assez difficile d'évaluer.

Il me demande si je me suis lavé les pieds. j'acquiesce un peu intimidée et il m'invite à entrer. Là , j'ai un gros coup au cœur, au corps... Une chambre de ...TORTURE ? ... d'AGRES ?...non, non, une salle de yoga MAGIQUE avec des cordages différents le long des murs, des armatures en fer fixées un peu partout, une drôle de poutre...un air SAIN en dépit du cours qui vient d'avoir lieu.

 Il me demande d'aller prendre une chaise au fond et de la ramener mais sur le coup je ne comprends rien...et je m'assois bêtement au fond.

Bon, je finis par capter l'attente et retraverse la salle avec ma chaise...

Il s'assoit en face de moi avec un petit cahier et commence à me poser un questionnaire de santé de façon très globale...Je suis bien obligée de lui dire mes grands maux actuels: faiblesse musculaire et douleurs aux genoux, insomnies, constipation ( ah, je n'évite pas la face obscure de la petite chose...)...Il me demande si j'ai mes règles...bon, là, zut, pour moi c'est plutôt une bénédiction qu'un problème: mais évidemment pour lui, ce manque entraîne beaucoup d'autres désordres intérieurs...Il a raison, bien entendu mais bon, je me sens de plus en plus troublée. Il me fait lire ce qu'est ce type de yoga particulier, j'en retire un peu cette synthèse :

"
La technique Iyengar Yoga est  différente des autres méthodes de yoga développées dans le monde. Les accessoires utilisés, introduits par Guruji (shri B.K.S.Iyengar) ont une importance essentielle pour les débutants et les personnes en souffrance en les aidant à faire les exercices sans peine."

Il m'explique qu'il a deux types de classe: une classe générale où l'on suit en "groupe" mais avec très peu de personnes, et une classe médicale où les asanas sont adaptés au profil "unhealthy", de la personne présente. Il m'assure qu'en quelques cours ma constipation, mes reins, et même mes règles peuvent revenir ( zut!)... 

Il m'explique que je ne dois pas manger avant, juste boire un tout petit peu, prendre une douche, me relaver les pieds en arrivant, être en short ( ça y est, je vais me balader seule en short dans les ruelles de mon quartier, ça va être classe ça!), porter un petit tee-shirt à manches ( pas comme celui que j'ai aujourd'hui...ni comme lui d'ailleurs...), et qu'après le cours je dois attendre une heure trente minimum avant de manger et au moins une demi-heure avant de prendre ma douche... Ouh là! 

L'abord de la nutrition me chahute car évidemment, on n'est pas d'accord...mais bon, il me respecte...et m'explique que peu importe ce que je mange, il ne faut jamais distendre l'estomac...donc bon...oui, d'accord, je réfléchis...je verrai...je tâtonne...je galère...moi qui ait trouvé deux superbes livres photocopiés de la librairie de l'ashram dans la guest house sur la ROW FOOD. ( J'en parlerai plus tard mais ne veux pas décrocher de cette voie qui pour l'instant me (re)stabilise...ou au moins ne me déstabilise pas autant que la nourriture cuite.) Bref, les "con"-vaincus...je n'ai pas envie d'en faire partie...et je n'ai pas encore de projection personnelle dans mon futur même proche mais avoir une ligne de conduite et une discipline permet aussi au corps de trouver son rythme. Il acquiesce mais je vois bien qu'intérieurement il sait déjà le déroulement du film...Un regard, mais un regard... une posture mais une posture...

Il me dit qu'il va m'observer le premier cours, et selon mes réactions- je dois lui dire impérativement si je suis fatiguée, si j'ai mal...- il me proposera peut-être le cours médical. Allez, je retourne dans la case handicapée: je lui ai pourtant dit que j'allais " better"... 

Bon, il me fait me lever et relever mon pantalon pour voir mes genoux. Il observe, me fait tourner, me tâte les mollets en enfonçant ses doigts du premier coup là où j'ai mal....Uh !!!

Et là...NON ! Il me dit de le suivre et s'approche d'une courroie fixée au mur et m'explique que je vais devoir apprendre par coeur la succession des exercices qu'il va me montrer pour m'accrocher aux wagons...Ok, ok... Mon coeur commence à battre parce que moi et le par coeur, c'est comme qui dirait...l'issu de la répétition expérimentale uniquement...Juste regarder, c'est juste voir un ange qui passe et ça me bloque la mémoire par le stress de ne pas arriver à mémoriser. ça m'a toujours handicapée pour les cours de danse en général, et même les cours: j'aime bien que les choses se posent - par écrit- ou pas l'expérience mais tranquillement...

Bref, là il commence à attraper les cordes dans ses mains, à enfiler ses pieds dans des anses en ferraille contre le mur et à se désarticuler les épaules et les hanches: en fait l'exercice paraît simple, mais moi je capte immédiatement que je vais être raide, incapable de me lâcher: 1, parce que j'ai la pétoche- 2, parce que je sais que mes épaules sont tout sauf laxes comme lui! 

Bon, à moi.
Je tente déjà de me mettre en position de départ... j'ai le vertige, je perds totalement mon centre de gravité, j'ai juste envie de pleurer là...avec le trouillomètre au maximum! Évidemment, il me replace, et là, accompagne le mouvement en m'appuyant sur le dos..OUCHHHHHH ! Impression interne de déchirure de mes épaules, un truc de malade... Du coup, je me cabre, je résiste, je me coince.. Il aide à remonter la mémé... Il me détend, et me dit qu'il voit que les épaules aussi sont au centre du problème et que tout vient de la gestion de mes émotions...ben oui, et de mon incapacité à regarder la vie en face, ben oui, et de ma tenue introvertie, ben oui... ( bon ça va là...) et bon, je recommence, plus lentement siou plaît et je sens que ça passe un peu mieux mais je suis vraiment mais vraiment ROUILLEE! Je ne m'attendais pas à avoir ce maudit corps en miroir...

Bref, il me sourit, très content de voir que j'avais dépassé une première appréhension, moi aussi d'ailleurs et je lui explique que les "toutes premières fois", je perds souvent contenance - ça me parle ça cette "perte de contenance", timide et avec le sentiment que la tâche me dépasse. Il m'a d'un coup pris le corps comme une marionnette et paf paf, il m'a redressé le menton, ouvert les yeux, dégagé les épaules, sorti le thorax...redressée la mauviette quoi...

Mais étonnamment, ça m'a...détendue, ouverte au lieu...un homme qui fait confiance, qui redonne confiance, qui suit le corps...bref, je sens que c'est ce qu'il me fallait actuellement...

Je commence donc vendredi. Le coût est assez élevé pour l'Inde mais vu ce que j'en ai entendu, je crois que passer à côté de cette "sélection" serait dommage car normalement il ne prend pas les étudiants de "passage" mais je reste suffisamment longtemps. Je passerai peut-être à deux cours par semaine plus tard mais là il ne faut pas secouer mémé.Moi qui jouait la souple parfois, là, je suis vite remise face à mon hypocrisie générale sur toute la ligne.

Il m'a raccompagnée avec beaucoup d'empathie, et j'ai été...touchée par cette rencontre.

Du coup, retour vers 11h à la maison, j'ai eu une envie de manger bananes, dattes...comme un épuisement. Mais là encore, ça m'a énervée d'associer fatigue et manger...j'ai vraiment du boulot encore à faire...mais je ne vais pas me fouetter non plus, je fais ce que je peux et finalement, je n'ai pas remangé 4h après donc ça passe très bien.

J'ai trouvé une petite vidéo du maître que je partage ici ( ci-dessus).

mardi 8 octobre 2013

Vrac Anses de départ

Bon, là, j'aurais aimé écrire au fur et à mesure, mais entre l'horrible chaleur qui met la tête en mode sac sans oxygène, les coupures d'électricité récurrentes qui m'obligent le soir à vivre avec la torche frontale, les moustiques qui attaquent dans la salle de connexion, je préfère différer et réfléchir au contenu et y passer le moins de temps possible!

First, j'ai un peu de mal à l'adaptation physique, il fait vraiment une température caniculaire la journée, je fais tout à vélo dans le bruit, la poussière et cela me demande tellement d'énergie sans que j'en ai conscience, qu'arrivée le soir, mon corps me joue des tours: oedèmes, muscles qui se coincent, nausées... Cela dit, je suis carrément surprise de ma capacité à rouler à gauche dans le bordel indien sans me faire gnaker frontalement et simultanément des deux côtés: serait-ce la révélation d'une circulation adaptée à la gauchère que je suis ? J'ai comme un ordinateur dans le cerveau qui prend les choses via les sens en laissant tomber tous les codes - enfin!- et je joue l'anguille mais avec beaucoup de vigilance aussi... mais je m'aperçois que je n'ai aucun stress à faire cela, alors que l'an passé j'avais peur de tout...je sais que je fais un énorme travail sur moi de ce côté là, donc c'est l'effet appliqué sans doute de cette nouvelle gestion...

Par contre je pense ne pas encore être apte à sentir mes limites... en ai-je seulement? Merci donc peut-être à mon corps de me le rappeler mais pas au moment idoine tout de même!

La nuit c'est aussi la fête: les gens parlent, font du bruit et hurlent une bonne partie, puis le ventilateur fait un ronron insupportable et se mêle à l'ostinato de l'Océan qui est assez mouvementé en ce moment. les vagues s'éclatent sur les rochers ( ok, ça fait rêver mais en fait, c'est vraiment un gros bruit quand on a envie de dormir et que le cerveau découpe tout ce qui s'agite avec la difficulté à faire le calme...) et quand je parviens à m'endormir, les bateaux des pêcheurs s'élancent moteurs à fond, claquant sur la cime des vagues et c'est parti mon kiki jusqu'au petit matin. Le soleil entre directement dans la chambre très tôt et là je suis encore bien contente d'avoir mon masque à yeux.

Côté alimentation, version positive: j'arrive à trouver petit à petit des petits marchands super sympas, honnêtes, qui vendent leurs fruits et leurs légumes à prix correct et donc je commence à savoir jongler avec les prix et à dire parfois/souvent " Adu Rombè vélè" = c'est trop cher en Tamoul... d'ailleurs j'attends que l'Alliance française m'appelle car je vais faire partie normalement d'un groupe d'étudiants désireux de moins patauger avec le tamoul parlé...qui aime danser la gigue en fonction de ceux qui le parlent, mêlant l'anglais non-anglais et certainement d'autres formes méconnaissables...d'ailleurs les indiens non natifs pigent que dalle aussi! Mais bon, voilà je commence à faire ma petite liste: annasipalam= ananas ; vallèpalam=banane, papallipalam=papaye; élumitchanpalam= citron vert ... Je ne me lance pas dans l'écrit qui n'a aucun lien avec l'oral sinon je meurs sur place...d'incompétence. En plus, les indiens parlent trèèèès vite, donc finalement, la langue des signes, un peu d'anglais, et la recherche d'indiens parlant un peu l'anglais aide beaucoup pour l'instant. Mon anglais aussi évidemment n'est pas au top, mais là aussi je progresse jour après jour...

Je me suis acheté sur le super marché du dimanche un outil indispensable aux crudivores: une mandoline made in China pour 50 roupies ( moins de un euro)...du coup je peux me faire de jolies salades. De plus un nouveau magasin vient de s'ouvrir plus près de chez moi où l'on peut acheter des denrées bio ( chères), du vinaigre balsamique, et quelques produits essentiels..;
Du coup ça donne ça:

Et pour le petit déjeuner c'est plus simple car en général je me lâche aussi un peu sur les fruits en cas d'insomnies: mal de compenser fatigue par du sucre mais pour l'instant c'est tout ce que je trouve pour me calmer car le reste mode zen ne marche pas!

Ces jus de fruits en brick franchement sont super bons, et le prochain que je vais acheter est aux épinards concombres: ça ne remplace pas le frais mais je n'ai pas de juicer et j'ai l'opportunité de pouvoir bénéficier d'un coin de frigo en partage avec 12 personnes ( petit frigo donc place à occuper sinon t'en as plus!)

Côté négatif: C'est épuisant la course à la bouffe, le poids des fruits et légumes dans le dos pour le retour, le temps passé encore à préparer...mais bon, au moins j'ai ce que je veux...ok, ça peut être dommage de ne pas manger la nourriture des restaus, de l'ashram, de la guest house car évidemment, ça sent super bon car ici les épices dépassent l'espace de la cuisine et ça envahit les narines...mais bon, que reste-t-il en minéraux, vitamines, en bon pour le corps lorsque c'est assimilé ? Pas grand chose... mais je pense que lorsque je serai posée, pour ne pas tout de même passer à côté - même si je connais quand même déjà un peu par l'an passé- j'inviterai mes amis indiens, notamment de l'ashram qui n'ont pas de sous- au restaurant et me ferai plaisir par le partage... Mais une à deux fois par mois, ça m'ira...pas plus.

Autre côté négatif et pas des moindres: je stocke dans ma chambre, et tous les matins c'est l'invasion par les fourmis: elles sont atroces, elles trouent les sachets en plastique et me dévorent mes amandes, mes dattes, puis hop, pèlerinage dans les bananes jusqu'au Dieu pruneau... Mais le matin, la déesse Kali débarque et les broient et les noient sans pitié et là je peux vous dire que je ne suis plus VEGAN ( merde quoi, à chacun son espace...)

En parlant de mes amis, j'ai retrouvé la petite famille de ma rue, ceux qui vivent à 6 minimum dans je ne sais pas...peut-être 6-9 m2... ceux qui prenaient la flotte l'an passé, vivaient avec les rats, les enfants dormant au milieu, protégés par les parents, le papa regardant sa jolie petite poule pondre ( voir mon premier blog..) C'est le père qui m'a reconnue, il a carrément couru vers mois, appelant très fort sa femme qui est arrivée avec un sourire mais un sourire impossible à décrire ! Ils sautaient presque sur place dans  la joie de me revoir! Franchement j'ai été super émue. Ils ont piqué des bâches de festivals à la municipalité et ils les ont enroulées sur leur toit pour se protéger de la mousson qui arrive, ainsi que ceux des voisins qui sont attenants et vivent de la même façon. En début de rue, ces gens ne sont pas pêcheurs, ils vivent plus misérablement donc. Mais j'ai la chance dans cette rencontre qu'ils parlent mieux que la plupart de mes rencontres l'anglais! Donc voilà, on va se revoir, partager des petites balades tranquilles dans la ville et peut-être que je leur proposerai une autre sortie un peu plus loin dans le temps si les atomes continuent de passer aussi bellement.. mais je suis vraiment ravie par cet accueil. Par contre, encore une fois, ils m'ont répété que j'avais trop maigri et blablabla... C'est dingue parce qu'ils sont entourés de gens hyper maigres mais chez moi ça ne passe pas..donc ils veulent tous me faire manger et m'inviter à cela... ( touche ESCAPE pour l'instant)

Côté soirée, pour l'instant je ne sors pas trop quand il fait nuit car je suis épuisée par mes journées, mais je l'ai fait une fois car il y avait beaucoup de musique à distance et j'ai donc voulu aller voir...euh...comment dire, j'ai cru juste perdre mes oreilles et me noyer dans une bain de foule...l'an passé je n'avais pas eu cette impression mais là, il  y avait comme en Occident le concours Talents 2013, donc j'ai vu des forcenés de karaté couper avec leur front une pile de brique sur le ventre d'un homme épais comme un carrelet  tendu dans le vide la tête posé sur une chaise, les pieds sur une autre ( déjà il faut le faire! ), puis beaucoup de blabla à la tamoul entre chaque représentation avec des films en bande-annonce de grosses poursuites à moto,musique à la bollywood...enfin, bref, fallait un peu s'y tremper sinon c'est pas drôle! 
Plus loin, les hommes déguisés en ange guignol ou en femmes s'éclataient tout seuls parce que bon dans l'assemblée ça ne semblait pas générer beaucoup d'émotions non plus! Là je suis partie en courant au bout de 10 minutes...
( quand même!)

Mes démarches: j'ai eu un pass  à ma guest house, j'ai filé à vélo vers le Bureau central situé de l'autre côté du canal, j'ai obtenu après quelques questions mon pass ashram. De là j'ai dû aller de l'autre côté au département d'éducation physique de l'ashram obtenir mon pass " Playground" pour avoir le droit d'assister et de participer aux méditations collectives très tôt le matin et plutôt tard le soir... Bon franchement, moi ça ne m'a jamais aidé d'être noyée au milieu de gens assis en grenouille qui se mouchent souvent...ça me perturbe, je préfère le faire seule dans ma chambre, la durée souhaitée: celle qui me convient, celle où je ne fais pas semblant... et où j'attends que l'heure tourne pour me lever...

J'avoue ne pas non plus avoir l'équilibre physique, mental et psychique encore pour avoir envie de me leurrer ou de leurrer les autres donc mon ressenti, le temps de ce dernier est clairement individuel même si je ne nie pas que l'énergie collective peut aider aussi à se poser...


 

mais j'ai trop peur de ne pas être apte à gérer la situation donc j'attends encore...

D'ailleurs, je lis des Entretiens de Mothers, et sa façon d'analyser l'art de la méditation me plaît bien, je tente de laisser un extrait ici, en espérant que cela sera lisible...





Je suis allée aussi trouver la personne responsable du Jardin de l'ashram et elle m'a demandé de venir trois fois par semaine: comme c'est très fatiguant pour moi encore, j'ai négocié deux fois par semaine pour commencer ce qui a été accepté. Elle était ravie de me revoir également...c'est grâce à cette "belle" femme que j'aime à nouveau mon anniversaire, ceux des autres, et que je sais combien ce jour si sensible à chacun est la possibilité de générer un nouveau cycle à condition de l'accepter et d'en recevoir les vibrations...et d'aider l'autre aussi à les recevoir... ( voir les écrits de Mother à propos du Birdays'day)
Donc jeudi, je me lève trèèès tôt pour aller retouver mes fleurs...divines...et me retrouver dans le silence du temps passé à les cueillir pour le Samadhi de Sri Aurobindo, les autres départements de l'ashram avec la mise en bouquets qui est tout un art...

Autre démarche et pas des moindres: se débrouiller pour acheter une carte sim indienne, prendre un forfait local et un pack messages! Toute une aventure à chaque fois, mais j'ai mieux géré aussi que l'an passé même si j'ai dû faire répéter le vendeur au moins 100 fois car son anglais était avec l'accent tamoul et le débit tamoul! Bref, ça y est, je peux communiquer avec mes amis anciens et futurs et envoyer 200 sms par mois pour 38 roupies c'est à dire même pas 30 cts d'euros...

J'ai été aussi introduite dans un lieu non ouvert aux touristes car je connais un ashramite qui y travaille: la presse de l'ashram où sont imprimés tous les livres pour le développement de la communauté donc à forte dominante spirituelle, et notamment l'impression des écrits de Mother et Sri Aurobindo. Il faut savoir que la Mère Divine en Inde est l'équivalent de la Vierge Marie en France. Mais qu'il y a une chose très importante à savoir: Mère et Sri Aurobindo ne sont en aucun cas pour la RELIGION! Bien au contraire, le culte qu'on leur voue est typiquement un comportement qu'ils ne souhaitaient pas: ils étaient juste vecteurs de conduite individuelle et collective pour mieux se connaître, agir et non pas penser que l'homme le plus spirituel est celui qui reste en position yogique et en récitant des mantras toute la journée...Je fais abrupte là, mais la recherche du divin pour eux est une  démarche extrêmement personnelle et non individuelle ( EGO à bannir) qui par sa force créera un changement collectif, mais pas une démarche collective et factice qui laissera croire au développement spirituel et humain de chaque individu... C'est donc dans la pratique de ce qu'ils nomment le yoga intégral, que l'être peut petit à petit s'élever et prendre les forces divines sans imploser ou exploser... cela peut être assez violent car chaque homme combat en lui des forces plutôt destructrices et pour s'élever il faut savoir les reconnaître, être très conscient de ses actes, erreurs, conduites en permanence pour ne pas y retomber et aussi justement avoir une bonne santé physique, morale, psychique pour pouvoir accueillir la force belle et conductrice de la vie spirituelle...Ce n'est pas simple...cela explique aussi l'insincérité de beaucoup d'hommes qui se disent supérieurs par leur pratique: Or, comme l'écrit Mother, ce n'est pas la pratique et l'image de cette pratique qui fait l'homme meilleur: c'est l'absence totale de mauvaise foi... et donc un homme qui n'a pas l'image incarnée de l'homme méditant, mais qui fait avec sincérité et amour et correctement ses actes même quotidiens envers soi et les autres, aura une plus haute valeur spirituelle que celui qui après avoir médité restera con dans le quotidien! ( Tant qu'on est humain et on l'est tous, on aura toujours une part de cela à travailler...mais on peut être fragile, se tromper en toute sincérité et ça se n'est pas mauvais, dès lors où l'on en a CONSCIENCE et que l'on cherche ses PROPRES REMEDES...toute sa vie, on chemine...)

On a le droit d'être beau et aimable même si la nature nous a envoyé beaucoup de vent dans la vie et a fait de nous un être un peu tordu et agité...du moment que l'on tient... et que l'on garde le cap.

dimanche 6 octobre 2013

Pour prouver que j'ai meilleure mine qu'à mon arrivée


Animals in the street



Départ Fruit and food

Petit voyage en mode rawfood as possible ( cru autant que possible) pour célébrer mon arrivée.

Dans l'avion Toulouse-Londres, l'attente due au "contrôle technique" de l'avion m'a permis de commencer à papoter avec mon voisin qui s'y connaissait en technique et qui me traduisait les blabla du commandant de bord. Evidemment, ça a dérivé sur l'alimentation parce que l'on nous a servi un en-cas sandwich-bacon-salade direct avec un jus de fruit. Il m'a dit qu'il aurait souhaité en avoir deux, du coup je lui ai gracieusement offert le mien. Du coup, il a voulu savoir pourquoi je ne mangeais pas ce type d'alimentation, m'a offert en échange son jus de fruit, et c'est ainsi que j'ai appris sa passion pour la cuisine aussi !
J'ai fait deux photos que je trouve drôle car il y a quelque chose qui ne semble pas appartenir au hasard, sachant qu'en plus, lorsque je lui ai dit que j'habitais entre telle ville et telle ville, il a direct prononcé le nom du village d'à côté! Un truc de ... dingue... Du coup, voyage bien sympathique en sachant que la revoyure ne sera certainement pas au programme. Mais comme je l'ai dit, les rencontres flash sont peut-être celles qui donnent le plus de charme à un voyage. j'ai découvert qu'il avait presque les mêmes lunettes que moi en mettant la photo et je trouve ça drôle...à chacun d'y projeter ce qu'il veut mais ça a fait un peu "miroir".



La suite British n'était pas fameuse: j'avais demandé une assiette de fruits, alors évidemment, ils ne connaissant que les fruits type fraise, raisin..; mais tomates, avocat, concombre ...non. Alors hop, comme on a peur que la petite soit affamée, on rajoute un pain au gluten, de la margarine et un petit pot de lait. J'ai mangé donc l'ensemble en transformant la banane en purée car non mûre c'est vraiment immangeable, et j'ai rajouté quelques fruits secs que j'avais emportés. Le petit déjeuner était simple mais suffisant pour moi et le reste du temps j'ai demandé du jus de tomate. Mais franchement, je ne mettrai pas un bonus au "raw food british airways).


Par contre à l'aéroport, je me suis empressée d'aller racheter la même salade que l'an passé que j'adore, mis à part les algues qui sont macérées dans le glutamate goût caramel. Bon ok, il y a du riz cuit, mais bon, de temps en temps ça ne va pas massacrer ma nouvelle way of life version Rowfood Girl. C'est un espèce de riz gluant, totalement nature qui se marie très bien avec les petites feuilles de salades diverses et parfumées qui le complètent. Les légumineuses sont crues, et les haricots aussi. J'avais quand même besoin de tenir le voyage jusqu'au bout et ne savait pas encore ce qui allait m'être servi dans l'avion. J'ai donc conservé la moitié pour le trajet et n'ai pas regretté.





A mon arrivée, j'ai donc commencé par un beau plateau de fruits et légumes, qui se mérite vu l'énergie que ça m'a coûtée pour aller les chercher.
Par contre j'ai découvert un petit fruit dont je ne sais pas le nom, d'une saveur exquise: entre la grenade, la mangue, la passion... ( c'est peut être un fruit de la passion remarque, il y a tant de variété à découvrir d'un même fruit...)




Je me suis concocté aussi un bon petit déjeuner, très simple et digeste ... ( les oranges ici sont jaunes-vertes en étant mures...)


avant d'aller me réapprovisionner auprès des petits marchands assis par terre de mon quartier, autour d'un petit marché de poissons dont j'ai fait le tour- même si je n'en consomme pas-. La fraîcheur des poissons est parfaite, beaucoup de variétés, ce sont les femmes de pêcheurs qui les vendent, les écaillent...Donc pour ceux qui en consomment et qui auraient une cuisine, je ne peux que leur dire d'oser s'y approvisionner sans problème vers 11h du matin, en mode tranquille...même si évidemment, je préfèrerais que tout le monde se passe d'animaux dans son alimentation... Le sol était rempli de chatons de toutes les couleurs, totalement admis dans ces lieux, gavés au possible et franchement, la photo -que j'ai pas prise- était belle...

Il y a une sorte de concombre que j'ai trouvé ignoble et immangeable cru, qui a trouvé sa destinée: il est purement anti-fourmis! On a donc le même goût! J'ai donc frotté mon bureau, mon placard, mon lavabo qui commençaient à en être infestés et hop: plus de fourmis! ( bon à savoir!)


Je suis revenue tranquillement à pieds, dans une ambiance hammam, ( imaginez que vous y allez et que vous n'en sortez plus!), heureuse malgré tout de retrouver mon petit quartier...un peu troué par les travaux qui n'en finissent pas ce qui ne doit pas arranger les petites familles...



Encore la tête dans les nuages...

Bon, j'ai eu une arrivée un peu difficile physiquement: pas immédiatement mais après quelques heures où au lieu de me reposer après un parcours de presque 20h, je suis partie sur les chapeaux de roue en pleine chaleur, sur un vélo pourri mais de chez pourri que j'ai loué, lourd, sans frein, trop petit, genre tu pédales les genoux dans les coudes. Je suis revenue avec au moins 10 kg de fruits, légumes, eau dans mon panier et sur mon dos en reprenant l'habitude de rouler à gauche, d'éviter les trous, les motos, les bouses de vaches...du bruit plein les oreilles " Horn please, horn please horn please", l'odeur de déchets dans les ruisseaux de ma rue....Du coup, en descendant de mon vélo, j'ai d'abord eu une sensation étrange dans les jambes avec très mal au coeur et en voulant monter les escaliers: MUR! Impossible de lever une patte, tétanie totale des jambes, un truc ATROCE! J'ai donc rangé au max mes fruits dans un placard en bas que j'ai trouvé disponible et je suis montée en mode handicapée agrippée à la rampe. Du coup, ça n'a pas échappé à la patronne et depuis on me demande si j'ai mangé toutes les 5 minutes...C'est vrai, je ne suis pas épaisse mais bon...je me suis un peu sentie en défaut après une arrivée en mode " je vais bien, tout va bien."

Donc voilà, j'ai mangé beaucoup de fruits, j'ai passé une nuit que je peux dire correcte à l'aune de ce que j'appréhendais comme bruits: juste réveillée assez rythmiquement toutes les deux heures par le passage de petits convois avec musiques et mantras à fond les manettes...mais le reste ok..;j'étais tellement naze que je crois que je me serais endormie même avec les clairons. Cela dit j'ai quand même les boules quies enfoncées jusqu'au trognon et depuis peu des cache-yeux et jamais je n'aurais pensé que ça allait m'aider autant à me rendormir à chaque fois sans être en plus dérangée par la luminosité régnante.

Voilà, donc comme j'ai encore du mal à atterrir, je vous amène d'abord dans les nuages, là où il fait bon vivre mais dans un avion puisque la température extérieure descendait parfois à moins 70°!
Je me suis régalée avec les formes, les paysages, les couleurs...En décollant de Toulouse, un peu tardivement pour cause de gros problème technique chez British Airways (le truc ( je ne sais pas le nom) qui sert à permettre à l'avion de se maintenir droit dans le vol et d'atterrir en bloquant l'air, ne fonctionnait pas: comme s' ils n'avaient pas pu le contrôler avant de nous embarquer...bref, heureusement malgré tout, que l'on n'a pas décollé comme ça), les nuages-donc pour revenir à nos moutons- laissaient passer les pointes des Pyrénées ce qui donnait l'impression d'une mer écumeuse encerclant les monts. Magnifique.

Voici quelques aperçus lors de mon vol que j'ai pu prendre. Les paysages rocheux se trouvaient autour de la Turquie, bien au Nord d'abord. ( Ouch je me fais dévorer par les moustiques, galère!)








mercredi 2 octobre 2013

L'adaptation commence!

Bon, vive internet! Le taxi qui devait venir me prendre à l'aéroport a finalement pris une autre course: deux jours avant, typique! je viens de recevoir un mail à l'instant: déjà bien...
Très gentiment, la patronne de la Guest House où j'atterris a contacté à la place le centre des Taxi pour les dévots de l'ashram! Cool !
J'ai donc noté tous les changements et je suis très contente de voyager à bord de la voiture ès ashramites: je crois que c'est un signe, enfin je le prends comme tel.

Allez, un petit lien vers leur compagnie: tout de plus rassurant. http://www.sriaurobindoautocare.com/home.html

J'espère juste que la voiture sera en meilleur état que l'an passé, car pare-brise pété, pas de ceinture, un chauffeur/chauffard qui s'endort au volant que je dois pincer et alimenter en chewing-gums pendant 3 heures pour ne pas me prendre la rambarde, je n'ai pas trop envie encore de jouer ce jeu là...même si...Indian Roads are Indians roads !

Allez, hop, bientôt le slalom entre les vaches et les chiens...que du bonheur!

Start AND "bloque"

Plus que deux dodos comme disent les mamans à leurs enfants:
 "-Dis, on part quand?"...
Je suis en partance avec mon enfant intérieur...ma source, mon espoir. Je tente de l'accueillir et de le rassurer, de le réconforter.
-" Tu vas voir, tout va bien se passer, je vais prendre soin de toi, tu auras ce dont tu as besoin."

Ça pourrait s'apparenter à la méthode Coué, je sais, mais bon, ceci n'a rien d'un artifice. C'est pleinement ce que je veux parvenir à ressentir notamment dans les moments de grand "saut"...où le saut s'apparente dans ma structure à un vaste trou dont je ne parviens pas vraiment à distinguer bords et parois. La montée vers la lumière n'est pas sans heurts et il me faut sans cesse changer mes batteries parce que je n'ai pas encore trouvé la bonne prise... En attendant, je fonctionne alimentairement en mode jus, comme si cette attitude venait tempérer les courts-jus quotidiens.

J'ai beau tourner tous les avatars dans ma tête, je crois que Shiva est décidément l'imago qui s'offre spontanément à ma vision lorsque j'amorce le Aum pour me détendre et appeler à la guidance et au calme. C'est assez étrange d'ailleurs, car parfois je m'amuse à lui substituer d'autres représentations et pouf, Shiva détrône tout le monde et il apparaît encore plus nettement. Symboliquement j'avoue qu'il incarne pas mal de points auxquels j'ai achoppé plutôt douloureusement ces dernières années. Je pense vraiment m'intéresser au shivaïsme et le jaïnisme m'interpelle aussi. Je n'ai pas l'intention de devenir "religieuse" et parallèlement, la voix/e de Bouddha me correspond pas mal aussi dans sa philosophie et son rapport aux éléments naturels, au monde en général -
 J'avoue aussi ne pas être une pro du sujet, donc j'en parle à l'aune de ce que j'ai lu et ce que j'en sais sans me rappeler de la source de ce savoir retenu...- mais je n'arrive pas à me brancher par contre sur la représentation du Bouddha. Peut-être que le côté bouboule bourrelet arrache un peu ma partie maigrelette de son trône à la manière de Shiva face à ses comparses et que ça me met un peu trop en péril.
Il paraît que ça arrive souvent cela: ce qui nous irait le mieux, comme un aliment peut au départ nous repousser tout simplement parce que cela agirait de façon un peu trop violente au départ... Je ne le sais pas...J'adore aussi le soufisme et les paroles de Rûmi.( je conseille à tous de lire Soufi Mon Amour d'Elif Shapak
Ce qui est assez étonnant dans tout cela c'est que je me retrouve avec un pan de l'hindouïsme, un pan de bouddhisme et un pan de l'Islam... et que je n'arrive par contre pas du tout mais alors pas du tout à me retrouver dans l'image de Jésus... ahhhh, pour moi c'est le gros film d'horreur quand je le vois percé sur sa croix... ça provoque en moi un énorme rejet et dégoût....malgré tout le respect que j'ai pour ce qu'à fait cet homme de sa vie...de ce qui en est resté tout au moins car je n'étais pas sur place pour le voir...mais bon...je demanderai à être réincarnée à cette époque peut-être quand j'aurai le pouvoir et le droit de cela !
( Vous regardez trop la télé mademoiselle! - Non, pas du tout, je ne la regarde presque jamais...j'ai des flash, comme ça, ma propre antenne quoi... ou chaîne(S) tiens j'en rajoute (S)... ( Ô)(mmmm)) - stop délire.. )

Donc pourquoi ne pas utiliser ainsi que le fait Swami Ramdas dans ses carnets de pélerinage, cette trinité qui me parle comme un consensus qui me permettra lors de mes décrochages de parois, de poser mes pieds en rappel sur plusieurs pierres ? Je vis de toute façon ma propre itinérance, sans dieu au final, sauf celui que je sens pousser en moi...plutôt comme une immense lumière qui n'en finit pas de me montrer les voies à suivre...

Je dis "les" parce que pour moi la pluralité des voies est l'unique voie possible pour aller à la rencontre du soi/ des soi(s)...de l'autre/des autres....du monde/des mondes...

Je ne me plierai à aucun rite qui ne soit porteur de sens pour moi...de sens(S)... J'ai besoin non pas de croire mais de savoir.

Pouf, j'écris ce que je ne pensais pas écrire, je voulais juste parler valoche et dire que je n'arrivais pas à la  les boucler... C'est trop lourd pour moi! La valise fait 23 kg, et moi 39 kg, j'ai super mal au creux des genoux ( trop marché sans muscles= kyste poplité à gauche comme à droite qui se la joue à la "mord moi le noeud" pour ceux qui n'en ont jamais eu, c'est horrible car à chaque pas, le genou peu défaillir et ne peut plus se tendre et ça fait arrêt sur image...donc massage massage massage, repos j'ai du mal mais je tente...), et aussi, grande brûlure à la cuisse gauche en interne, je me suis fait une petite déchirure il y a trois jours au saut du lit ( ben oui, ce sont des choses qui arrivent quand on est pressé de saborder ' aborder la journée ! ( ou de rester au lit...chtttt...)

J'ai pensé à mettre des CD de comptines pour enfants que m'avait offert Milan Presse lors de mon dernier séjour en Afrique, des sacs africains pour offrir ou échanger sur place en fonction de mes rencontres pour tisser du lien, des perles fabriquées dans des graines d'Afrique également, des packs de pâte à modeler de plusieurs couleurs pour les enfants du quartiers et de l'orphelinat.

Et là, j'ai un gros problème: je ne voudrais pas être stoppée à l'aéroport pour expliquer que je ne cherche pas à plastiquer le lieu ni le vol...c'est vrai, c'est louche, je me trimballe avec cette pâte en cartouche, de la petite poudre blanche en vrac avec chlorure de sodium et de magnésium, verte pour l'argile, des fioles d'huiles essentielles et un livre de Paolo Coelho...ouf, ce n'est pas "l'Alchimise", c'est Aleph, le sujet me parle vraiment car dès le départ, un homme demande à un "Gourou", pourquoi de façon chronique il perd pied face à la lumière divine et se retrouve sans...toujours à tenter et demander le rappel...avec parfois des pertes de confiance...conscience?  Bon, là je voulais vous mettre un extrait de mes premières pages et je tombe sur plein de commentaires disant que le livre avait déçu tous les lecteurs...du coup j'hésite à le mettre dans mon sac car je n'ai pas envie de m'ennuyer avec des clichés...et chez moi ça monte vite au cliché... donc je crois que je vais finalement remettre la suite des Carnets de pélerinage de Ramdas et Voyage au-delà de mon cervau du Dr Jill Bolte Taylor. C'est une neuro-anatomiste qui a été victime d'un accident vasculaire cérébral, seul son hémisphère doit fonctionnait à son réveil ce qui l'a plongé dans un état "mystique"...Grâce à ses connaissances qu'elle avait aussi développées en analysant le fonctionnement de son frère Schizophrène, elle a trouvé en elle le pouvoir et les ressources pour récupérer l'intégralité et même plus de son fonctionnement intérieur. Il est donc question des dernières découvertes sur la plasticité du cerveau. Vu que je suis en pleine découverte de la mécanique quantique à l'aune par contre encore une fois de mon intuition et de mes petites connaissances actuelles, j'ai bien envie de prolonger mes axones de ce ce côté là. Là je suis sûre de ne pas m'embêter en poireautant dans les aéroports.

De toute façon, vu ma fatigue actuelle, je crois que je vais comater tout simplement...

Voilà, j'ai encore une tonne de rangement et de ménage à faire avec mes guiboles qui me lâchent au dernier moment, j'avoue que ce n'est pas de chance donc priez pour moi mes frères, mes sœurs, mes anges, mes dieux, mon enfant...que sais-je encore mais j'ai du courage pour me lancer dans ces aventures et refuser toute incarcération dans un mode de vie qui me stérilise et me congèle l'âme...

Souffrir c'est apprendre à partir ...non ?