mardi 15 octobre 2013

Down and up thanks Nature

Hier, j'ai eu un sacré coup de mou. Il faut le dire, la chaleur était ETOUFFANTE. Mon corps a triplé de volume l'après-midi à cause de la rétention d'eau et je n'arrivais plus à trouver une solution pour me reposer sans étouffer. Du coup, j'ai un peu glissé sur les peaux de bananes que je me suis engouffrées en espérant un coup d'énergie. Bien mal m'a pris, j'ai été "out" jusqu'à la fin de la soirée.

Pas grave, je me suis littéralement étendue devant une vidéo et j'ai regardé un film pas très intéressant que j'avais sur mon ordinateur.

La nuit par contre a été plus que correcte car la chaleur qui exprime l'approche de la mousson, a déclenché une belle pluie dont je ne me suis pas aperçue qui a rafraîchi les températures et enfin endormi la be... ête. Conséquences, je crois que tout le quartier a mieux dormi aussi vu le silence qui ici...s'entend!

Au point qu'à mon réveil naturel, la lumière était si basse, que j'ai pensé qu'il devait être autour de 5 heures du matin. Le calme qui allait avec dans le quartier pouvant me le confirmer. Que nenni! Je regarde mon portable qui affiche l'heure tardive de 6h35! Je devais être à 7h15 maximum devant l'ashram pour prendre le bus. J'ai donc sauté dans mes vêtements, avalé à la hâte deux verres de jus de fruit, mangé le bout d'ananas qui me restait uniquement pour cause de rupture de bananes ( et donc de "peau" donc tout va bien!) et enfourché mon vélo pour une fois à la fraîche!

J'ai eu le temps d'aller me recueillir devant le samadhi de Sri Aurobindo, mais plutôt devant l'arbre qui le surplombe qui m'inspire bien plus que la plaque de marbre couverte de fleurs, entourée d'encens et de dévots le front posé dessus. Pour ma part, la puissance du divin, je la ressens un milliard de fois plus dans la majesté de la nature, que dans les avatars humains... Va savoir pourquoi, je me dis que cet arbre que décrit Mère comme une jeune pousse il y a plus d'un siècle devenu un arbre majestueux au tronc énorme et étrangement penché sur le samadhi comme une protection - d'aucuns verraient une soumission...- a certainement le regard le plus clairvoyant sur la sincérité des hommes qui vont et viennent autour. D'ailleurs, quand je ferme les yeux, il vient tout de suite se poser sur le devant de la scène et je vois tous ses mouvements intérieurs, les milliards de jeunes pousses qui jour après jour continuent leurs déploiements, le tronc qui augmente ses cercles, la sève qui remonte bien pleine des forces de la Terre pour aller jusqu'au feuillages les plus en contact avec le ciel... J'AIME cela, et CELA me donne l'inspiration, le calme, le prâna dont mon corps dans sa globalité a besoin.

Je me pose assez loin des autres, en retrait, je ne reste pas longtemps, juste le temps de sentir que l'arbre me dise : " c'est bon, je t'ai ressourcée" et je repars. J'ai senti les surveillants me regarder sous une bonne augure, ce qui est plutôt rare avec les "touristes", mais justement, là, c'est l'heure des non touristes, alors tout va bien!

Devant le bus, les autres avaient l'air totalement à l'ouest aussi, et quand je leur ai demandé si ça allait, ils ont tous répondu qu'ils auraient bien dormi plus, y compris les habitués et les ashramites. Le temps a donc opéré de la même façon pour tous et je peux dire que cela m'a rassurée et confirmé qu'il vaut mieux dans les cas difficile, même fatiguée, aller travailler, pour justement ne pas penser que la fatigue est liée à soi. Même si tout de même, il y a une part de soi qui est engagée...me concernant. En toute honnêteté, je le sais.

D'ailleurs, il suffit de voir ma tête du matin sur mon tabouret dans le car, prête à aller valser contre le pare-brise au moindre coup de frein: ( même pas peur de faire peur ah ah!)



En arrivant, il recommençait à pleuvoir, c'est donc sous la pluie qui a été grandissante que j'ai aidé deux workeuses indiennes adorables, une appelée Money ( ah ah), et l'autre Manjay (... si j'ai bien retenu) a cueillir les fleurs Mental purity tout d'abord ( qui signifie que l'action mentale doit être toujours tournée vers le divin, comme un miroir...) :



Puis, Violet Victory, les pieds dans la gadoue. Hop, ma petite cagette en photo:

J'adore la signification de cette fleur: " Dans le vital, même une petite victoire a de grandes conséquences" ! Oui!

Ensuite, comme il pleuvait trop et que je n'avais pas d'habits de pluie, les femmes aussi trempées que moi m'ont dit d'aller travailler à la nurserie. J'adore ce lieu, c'est l'endroit où toutes les graines sont récupérées, triées, replantées, surveillées jusqu'à être suffisamment fortes pour être réimplantées dans l'espace du jardin. Toute une symbolique... et m'occuper de ce qui est fragile, j'adore cela!






Il y a de très belles variétés.

Pour ma part, j'ai dû humidifier la terre de plein de pots que l'on m'amenait, faire des petits trous, des petits trous ( en chantant Gainsbourg), pour y semer délicatement de frêles germinations. Voici mon petit travail:



Ils ont trouvé que j'allais très vite, mais en fait j'étais très organisée et très concentrée. Au lieu de faire pot par pot, je faisais travail par travail: j'arrose tout, puis je fais mes 6 petits trous par pot, puis je plante et resserre la terre. Je me suis tellement concentrée que toutes mes pensées se sont évanouies dans les airs jusqu'à me sentir très paisible. C'est ce que je voulais. Pendant ce temps, le soleil est revenu et je me suis offert après une petite goulée de prâna pour nourrir mes petites cellules après avoir nourri les petites plantules. Bon, j'ai aussi quémandé mon jus de fruits du jardin, là c'était lemon juice mais toujours un peu sucré ce qui me gêne... mais bon. Je l'ai demandé car je n'étais ni à la maison d'accueil, ni à la nurserie quand ils l'ont servi, et du coup, je n'ai pas eu de goûter à 10h et honnêtement, à 11h30, j'avais un petit coup de barre.

Mais où j'étais, c'était encore plus nourrissant: j'ai croisé mon ami sculpteur qui a encore joué au bac à sable...





C'est facile hein? le tout, planqué sous un arbre... comme un gamin...C'est la représentation de Durga, la femme de Shiva, qui apparaît pour déjouer les forces malignes qui tentent de détourner le monde du Divin. Ça tombe très bien en symbole pour moi en ce moment: ne pas lâcher la lumière, " go straight" comme ils disent. Cette semaine c'était sa "fête", décalée en fonction du calendrier lunaire. Par ailleurs, nous venons de fêter Râm qui l'a invoquée aussi dans le Ramayana ( mais au Printemps...) pour l'aider à combattre Ravana, le démon qui maintenait prisonnière sa femme Sita dont j'ai déjà parlé. Vraiment, se plonger dans l'histoire des Vishnouites et Shivaites est passionnant! La fête des lumières commence dans la tête de ceux qui veulent déjà comprendre ce qui se cache derrière des cultes dont l'aspect religieux cache souvent la profondeur des racines d'un arbre qui justement n'en finit pas d'aller chercher la plus Haute Lumière...pour tenter d'éclairer à son tour les hommes qui allument partout ces petites bougies ici et là...pour ce voyage...

Ensuite, j'ai fait comme le petit Chaperon Rouge, je me suis perdue en chemin, attirée ici et là par le bruit des ailes de papillon:



C'est ainsi que j'ai raté mon goûter...

Est-ce si grave?

Non, puisque je l'ai eu quand même! hi hi!

On n'attrape pas les papillons avec du citron...

Le retour a été bien sympathique, un peu longuet car le chauffeur s'est arrêté pour aller faire une course personnelle et l'on a attendu assez longtemps au milieu d'une artère. 

Du coup, on a récupéré des boutures d'un arbre qui dépassait d'une maison. On m'a donné 6 petits citrons bio qui m'ont permis d'assaisonner le repas un peu fade que l'on m'a servi au restaurant de raw food qui m'a un peu déçue pour une fois. Pareil, en échange, j'ai trouvé chez eux les meilleures dattes du monde que j'ai achetée et qui ont complété mon repas ( largement...)

Au final, j'ai ramené de nouveaux beaux souvenirs, et deux sourires! 



 

lundi 14 octobre 2013

Petites coursettes du jour

J'ai les cheveux dans un piteux état, super secs, super cassants, super ternes. Du coup je suis retournée dans le département des fleurs de l'ashram pour m'acheter le super shampoing de l'an passé au karkadé ( fleur d'hibiscus). Le seul, l'unique, qui en deux shampoing m'avait rendu le poil brillant! Je vais m'en ramener pour la France même si j'essaie dorénavant en bonne hygiéniste à venir, de moins en moins utiliser de produits pour la peau: brossage, frottage, ça suffit! Mais là, je dois faire quelque chose le temps d'être un peu plus solide de l'intérieur...Et avec la pollution, l'atmosphère de l'océan, mes cheveux deviennent aussi très vite poisseux sauf si je les tresse tout le temps... j'ai dit tresse pas stresse!

J'ai aussi acheté un mélange ayurvédique dont le contenu restera secret pour "ôter le mal des genoux qui craquent". C'est une très vieille indienne qui m'a guidée sur ce produit, j'ai décidé de le tester, je rendrai des comptes car il paraît que c'est meilleur que le baume du tigre qui chez moi provoque des allergies car il contient des ingrédients absolument non naturels. D'ailleurs, pour 40 rps, ils vendent aussi un baume comparable mais 100% naturel. Mais la vieille indienne, m'a dit que l'huile conseillée était plus efficace, d'où son prix plus élevé: 72 rps pour une toute petite fiole.. mais c'est toujours bon à évaluer. La grande fiole est plus économique, évidemment.

Et j'ai craqué pour une poudre dentaire à base de plantes ayurvédique en place et lieu de nos horribles dentifrices: cette poudre aurait le pouvoir de renforcer les gencives abîmées, rétractées, et d'écarter tout risque de pyorrhée, tout en nettoyant bien les dents, notamment pour ceux dont le teint est jaunâtre pour cause d'abus de cigarettes ( pas mon cas, je ne fume pas), de café, de thé ou d'autres addictions délétères pour l'hygiène dentaire. Le seul ingrédient que j'ai reconnu c'est le clou de girofle, je ferai plus tard une recherche sur les plantes ayurvédiques qui font partie de la recette.

Vous n'osez plus sourire ? Essayez Clove's teeth powder!

Ensuite, j'ai acheté un très beau tissu en coton orange de 2 mètres pour faire refaire à l'identique une forme de pantalon dans laquelle je suis bien mais comme tous mes pantalons sont trop grands, là je dois quand même trouver d'autres solutions que les épingles qui finissent toujours par s'ouvrir. Le tissu m'est revenu à 2,10euros environ, et le tailleur du lieu me propose de me refaire mon pantalon dans ce tissu pour 200 rps c'est à dire même pas trois euros... du coup un pantalon à 5 euros et des brouettes, je me dis que je ne vais pas négocier... C'est un endroit sûr, et au moins, s'il le rate, je leur reprendrai du tissu sur place.

Et pour finir, j'ai filé me réapprovisionner en fruits auprès d'un petit marchand qui se trouve dans le marché près de chez moi découvert il y a peu, qui fait des prix bien inférieurs à ceux du grand marché de Pondy. Je l'appelle mon "Birdy man", car il siffle toujours comme un oiseau, et d'autant plus quand il m'aperçoit!
Je trouve des mangues presque deux fois moins cher qu'ailleurs chez lui et elles sont très bonnes, son ananas ne coûte que 40 rps entier, la pastèque est à 25 rps le kilo, la papaye à 30 rps, pour 5 rps j'ai un bouquet de coriandre....ça me va! Et là, mon petit veilleur de guest house est arrivé derrière moi pour me faire peur, je ne savais pas que ces hommes étaient amis. Du coup, Raju- pour le nommer- m'a montré une femme indienne à côté qui vendait une grosse racine écrasée avec des arachides.
Monsieur Birdy m'en a coupé un bout- tous les marchands fonctionnent ensemble sur ce petit marché- en m'y ajoutant trois quatre arachides: j'ai gouté, c'était super bon! Extrêmement nutritif, une texture d'amylacés un peu comme la châtaigne sans le goût si fort, un peu comme la racine de manioc cuite que je consommais en Afrique et que j'adorais.

J'en ai acheté car pour 10 rps j'en avais à peu près 15 cm! On paye la racine à la longueur et pas au poids. Du coup, on m'en a donné en plus! Ce n'est pas le genre de met que tu manges d'un coup...enfin, pas moi...

Cela dit, je ne suis pas sûre que cela soit de la racine de manioc crue puisque celle-ci peut s'avérer mortelle en consommation  et que je vois bien qu'il ne s'agit pas de la même chose que ce que j'achetais sur l'autre continent à la sombre époque où je mangeais encore du cuit. Cela dit, on fait ce que l'on peut avec les moyens du bord quand on voyage et quand on ne voyage pas en touriste surtout en vivant en communauté avec les locaux.




racine de YUCCA!


Ce qui est intéressant, c'est de voir que les indiens consomment cette racine avec des oléagineux qui apportent les lipides et les protéines qu'il n'y a pas dans l'arbre.

Je peux dire que manger cela quand on a besoin d'avoir un peu de consistance en bouche est très agréable, ça peut se découper dans les salades à la place de la banane, ça change, et avec quelques copeaux de noix de coco, c'est sympa.

Bref, je vais me renseigner vraiment sur le nom de l'arbre qui m'a été dit en Tamoule et que je n'ai pas retenu. Je viens de comparer la texture avec des images de tubercules de manioc, ça n'a rien à voir...ça me rassure.

Indian roads

Bon, j'avais omis de raconter ma belle chute à vélo! Oui, oui, ça m'est arrivé.
Ici on sait, le code de la route n'existe pas, ou a minima sur les grandes artères. Par contre, dans les veines et veinules de la ville, c'est le BORDEL: imagine que tu roules à gauche, tu veux tourner à gauche à un angle. Un gars vient de la gauche, sensé roulé à gauche. mais s'il veut tourner à droite, au lieu de rester sur sa file qu'est-ce qu'il fait? Le plus court! Il coupe direct la voie qui pour lui est la droite: conclusion, si un gars tourne à gauche en même temps ça peut faire un BANG frontal.

Ici, les piétons et vélos, et deux roues ne sont pas rois. Si une voiture arrive, elle arrive en général à fond avec klaxon à fond aussi " horn please!" mais pas toujours, et c'est à toi d'esquiver même par l'arrière sinon tu es carrément frôlé sur la droite au risque de te faire chuter...

Les piétons qui ont décidé de ne pas quitter la route, ne la quitteront pas. Encore moins les vaches, les chiens, les rickshaws qui parlent entre eux, le mec qui va faire des courses en face...

Pourtant en général: ça passe! Tu fermes les yeux et hop! Tu ne sais pas comment, pas d'accident. En général, tout se frôle et bouge au même moment comme un vaste ballet bordélique. Parfois ça bouge...parfois NON.

Tu repères bien vite ceux qui ont un permis à l'occidentale: les seuls à regarder à droite et à gauche mais ça ne sert  pas à grand chose en général car le temps de regarder à droite tu as quelqu'un qui t'arrive en face, le temps de regarder à gauche quand tu as déjà regardé à droite, c'est trop tard, tu as quelqu'un voir quelques uns qui déboulent déjà à droite et ça klaxonne donc, mais ça passe...

Bref...alors moi, qu'est ce que j'ai fait, pas fait ?
Je suis à vélo, petite rue de quartier de pêcheurs. Route pourrie. Des travaux dans les petits temples à droite, à gauche: tas de graviers, de sable posés en mont au milieu de la route..pas de place pour se croiser. Si tu es piéton ou à vélo et qu'un véhicule motorisé arrive, même si l'obstacle est devant l'autre, faut s'arrêter: l'autre ne s'arrêtera pas.
Quand un piéton arrive face à un vélo, qu'il peut y avoir la place, il pourrait être logique d'observer que le piéton montera un peu sur un bout de gravier ou de sable pour laisser la route ou ce qu'il en reste au vélo... que nenni...

Bref, j'arrive à vélo vers un tas de sable. Je vois deux femmes indiennes marcher super lentement en face, il y a de la place pour tout le monde à condition que moi je me serre un peu à gauche, et elles à leur gauche aussi.. Logique d'occidentale implacable.

Bon, je me serre, et les indiennes commencent à passer aussi, celle la plus à gauche s'écarte un peu, et là ben oui, je pense bien que l'autre plouc va voir qu'il n'en reste qu'une qui doive bouger! Ben non! que dalle, elle voit une blanche, ça doit la gonfler, et elle ne bouge pas. Moi, je passe juste, je veux l'esquiver mais ma roue patine sur le sable, à gauche j'avais une dalle de béton et un mur, je touche le bras de l'indienne ( bien fait du coup...) mais moi ma roue pile dans le haut trottoir, le vélo se casse la binette et moi avec, l'épaule et le haut de la tête dans le mur! Aïeuuuuuux

Evidemment ,je me redresse seule, silence radio dans la rue où tout le monde est dehors, c'est moi qui m'excuse, l'autre se frotte le bras avec un air débile de victime. Sur le tas de gravier derrière, des hommes étaient assis, je me dis " ça y est, ça va être ma fête!", mais là, non, les hommes clignent des yeux en disant que tout va bien, je peux repartir...ce que j'ai fait un peu égratignée et cabossée avec une roue voilée que m'a redressé après le veilleur de la guest house.

Bon, j'ai fait la grande, en France je me serais lâchée sur le piéton. Là, non, tout va bien...

Hier, je repars sur ma monture, super bien, les cheveux au vent en me disant que là je sens que je suis en paix, zen, et tout et tout et que l'après-midi s'annonce bien.

J'arrive sur la grande artère, je coupe la route aux voitures pour passer comme tout le monde, je fais quelques ronds de pédales et là BAAAM! Une moto juste derrière moi se fait totalement emplafonnée par une voiture qui lui a coupé la route préférant rouler à droite qu'à gauche pendant que le motard à gauche voulait tourner à droite en prenant le coin sur la route de droite et pas de gauche comme je l'ai expliqué avant... Uh uh! Ben, le mec qui a pourtant été bien éjecté, sans casque, s'est relevé, la voiture a continué, ce sont d'autres hommes qui sont venus l'aider à remonter sa moto...La suite je ne la connais pas, mais bon, on dira que quand même, le code a du bon et la sanction aussi parfois!

Troublée, j'ai un peu mon atmosphère qui se trouble, et là, une voiture s'arrête quelques rues plus loin, un homme sort et coupe la route en courant devant moi et me vomis presque sur les pieds!!! Yeees !

Voilà, ah ah! J'ai continué paisiblement juste en me disant, Welcome to India.

dimanche 13 octobre 2013

Ram Puja in the Garden

Ce matin, j'ai sauté sur mon vélo pour aller rejoindre la maison de la responsable du Jardin derrière le Temple Arulmigu Manakula Vinayagar. J'ai été impressionnée en poussant le portail de la beauté de cette immense maison à la fois coloniale et tamoule! Des colonnes de plus de 5 mètres de haut font le tour d'un patio qui mène dans une magnifique salle avec parquets, entourée de murs avec de belles moulures. L'ameublement était aussi d'un confort et d'une qualité que je n'avais pas encore vus ici, surtout chez des ashramites. J'ai donc un peu questionné et l'on m'a expliqué que la maison avait été achetée par le grand-père de cette personne pour l'ashram. Tant que les descendants sont sur place, ils sont chez eux, mais s'ils venaient à quitter les lieux, cela devient une propriété de l'ashram. Un peu comme à Auroville finalement.

L'enseignant de Sanskrit qui dirige les pujas le jeudi au jardin, est arrivé vêtu de blanc, les bras nus, très respectable. Les femmes étaient toutes en magnifique sari, bien maquillées pour certaines et portant des bijoux. Les quelques blancs qui étaient présents sont tous des personnes qui s'installent progressivement sur Pondichery au service de l'ashram et quelques membres de leur famille. Je me suis sentie très honorée d'avoir été invitée dès le premier jour de mon retour.

Le chauffeur qui devait nous amener au jardin étant introuvable, on nous a offert une verre d'eau fraîche qui m'a revigorée vue la chaleur extérieure ces jours derniers. J'ai profité aussi un peu de la climatisation!

Kirandi, la maîtresse des lieux nous a réexpliqué brièvement les tenants et aboutissants de cette puja qui allait avoir lieu en l'honneur de Râm qui n'est autre qu'un avatar de Vishnou dans la religion hindoue. C'est son histoire que l'on peut suivre dans le Ramayana. Avant d'atteindre le Sri Lanka pour récupérer sa femme qui avait été faite prisonnière, il aurait fait lui-même une puja ( appel au forces divines ritualisé), en déposant les armes autour de l'autel. Sa mémoire est surtout pratiquée dans l'Inde du Sud: ici au jardin, ce ne sont pas des armes qui seront déposées mais les outils divers utilisés au jardin.
Je fais évidemment un raccourci, j'invite chacun à découvrir l'histoire de Ram qui est passionnante et incarne l'évolution mentale de l'homme.

Ces histoires, dans le bus rejoint au bout de quelque temps passé discuter très agréablement, ont débouché pour ma part sur un merveilleux échange avec un italien ashramite autour de l'histoire de la Bhagavad Gita dont je pense parler très prochainement pour un peu en expliquer l'histoire qui est souvent difficile à suivre si l'on ne s'est pas plongé dans le Mahabharata

Chaque jour j'apprends de nouveaux enseignements avec des explications vivantes, claires, appuyées sur des réalités et j'en suis comblée. En effet, ces écrits ne restent pas théoriques pour la plupart en Inde, mais servent bien de conduite au quotidien et donnent un éclairage sur les nombreux rites que l'on voit partout en ville et que bien souvent, en simple touriste on ne comprend pas fondamentalement. On regarde cela, c'est beau, ça touche, ou ça énerve par la répétition et hop, on passe à autre chose. Mais au final, quand on cherche à comprendre c'est d'une richesse incroyable surtout si l'on cherche aussi à mieux se comprendre. Ici beaucoup de textes de la philosophie indienne sont appliqués dans l'attitude quotidienne avec méthodologie et devraient l'être bien plus en occident aussi pour permettre de mieux comprendre les comportements humains dits "inhumains", ou les "brisures d'être" au quotidien face à un corps et un mental désaccordés et privés du lien de la vie spirituelle qui est souvent la clé de la récupération de la force vitale dans une réalité bien matérielle et physique. 

C'est tout l'intérêt de ma présence ici dans la perspective du yoga intégral développé par Sri Aurobindo.

Bref, je suis arrivée au jardin dans une ambiance plus qu'agréable, chargée de bonne énergie. C'était tout bonnement magnifique: sculpture sur sable, kolams multicolores.


C'étaient les derniers moments de préparation, plein de petites mains s'agitaient à peaufiner la présentation de l'autel dédié à Mother et Sri Aurobindo,




à poser dans des bassines les simples outils des travailleurs, disposer les citrons près des roues des véhicules,s'appliquer les poudre sur les fronts, peindre, décorer les voitures, tracteurs, vélos...


 







Tous les travailleurs et nous-mêmes nous sommes installés à terre sur des petits tapis devant l'autel et le maître de la Puja a commencé à entonner de magnifiques chants et paroles en Sanskrit repris par les hommes et les femmes. J'ai eu la chance d'avoir juste à mes côtés un chanteur solo -qui est celui qui fait aussi les sculptures au sol- puisque j'enregistrais ce magnifique moment avec mon petit mp3 posé sur mes genoux. Je me souviens que l'an passé, ce même homme m'avait fait pleurer la première fois que je l'avais entendu et c'est ainsi que j'avais découvert par la suite ses multiples talents d'artiste qui ne s'expose guère que dans le huis-clos d'humbles petites fêtes ashramiques.

Je trouvais très beau le conducteur des voix, donnant à chacun une belle nourriture spirituelle. La photo qui suit a été prise après la puja, un moment que j'ai volé... pendant qu'il lisait ses textes sacrés.
( Cet homme est bien indien, il souffre comme beaucoup de dépigmentation de la peau.)


Suite aux chants, nous avons suivi les rituels autour des véhicules avec la pastèque creusée, emplie de produit inflammable, et les petites torches enflammant des petits fruits lancés autour.






Souvent la pastèque est écrasée à la fin, mais là les hommes sont partis l'éteindre plus loin dans ce majestueux jardin.

Retour sous le patio, près de l'autel, pour le don des mets: fruits ( pommes, raisins, grains de grenade blanche, banane, coco, sita, orange, pétales de riz et dal crus légèrement sucrés, un petit caramel, un gâteau très sucré présenté en boule, des graines de riz soufflés, un petit paquet de pois chiches cuits à la coriandre et un verre de Buttermilk fait maison.





Encore une fois, je n'ai pas résisté à une seconde photo volée, mêlant vie spirituelle et frugalité:


Tout se rapproche: le texte, la pomme...et moi!
Puis, un dernier rituel a eu lieu, très important: le départ des véhicules, roulant sur les citrons... J'ai choisi de filmer le tracteur ROUGE- certains comprendront pourquoi...une histoire de tracteur qui me poursuit...


Nous avons fini le plus simplement du monde en discutant, riant, échangeant, notamment sur les graines que j'ai rapportées d'Afrique et que nous allons tenter de faire pousser à la nurserie où je vais commencer à travailler la semaine prochaine.

Une nouvelle amie belge, Kate, m'a fait visiter le petit jardin aromatique adorable qu'elle est en train de développer et où pour l'instant on trouve 4 variétés de basilic dont le fameux tulsi, de l'aneth, de la menthe poivrée et de la citronnelle. Chose étonnante, l'espace était totalement sauvage et autour des arbres mourraient étouffés par la fleur " Harmonie" que j'ai mise dans un post précédent en photo. Tout a été dégagé et quelle ne fut pas la surprise en découvrant caché derrière, un magnifique banian - l'arbre sacré de l'Inde- qui s'est révélé dans toute sa majesté avec ses racines tombant des branches et profondément ancrées dans le sol, représentant les avatars des Dieux.





Tulsi





Goûter ritualisé

Étrangement, je commence à être accroc de mon jus de feuilles vertes journalier qui me redonne une pêche incroyable dans l'après-mid, accompagné d'une soupe crue de légumes très relevée et d'une onctuosité incroyable: pas de lait, ils n'utilisent que le jus de coco fraîche qui est vraiment un reconstituant majeur de la qualité du sang circulant dans nos corps...en plus d'être bon! Je déguste cela à la petite cuillère.

Là, une photo de la soupe amla dont le goût finalement est très proche de celle au gingembre que j'avais prise précédemment mais je crois que c'est l'ail qui l'emporte! L'amla est une sorte d'énorme groseille blanche très astringente qui pousse en Inde.


mais franchement, je conseille à tout le monde de se mettre au "jus du jour!", c'est bien plus efficace et bénéfique pour la santé que le café. Le jus suivant est présenté au petit déjeuner par exemple.


Chose étonnante, à chaque fois que j'échange sur le cru avec une personne- jamais sous la contrainte, je le jure- la personne me dévore de questions et finit par ouvrir un calepin en notant tous les liens, livres que je peux leur donner. Encore aujourd'hui, une femme m'a parlé d'un couple de respirien- qui ne mange jamais- vivant en Australie, qu'elle avait rencontrés. Ici, tout le monde est ouvert, c'est pour moi un soulagement incroyable.

samedi 12 octobre 2013

Salades du soir mode ROW Food

Quelques visions de ce que je me prépare le soir. Je rajoute pas mal de fruits en plus.

 





Quelques considérations à propos de la Row Food issues des livres de Victoria Boutenko: et en plus ça éloignerait les MOUSTIQUES! ( bang bang!)



Cieux de Dieu




vendredi 11 octobre 2013

Mon insecte/oiseau/papillon du jour !

Devant le pas de ma porte, un drôle d'ami s'est présenté...La communication risque d'être compliquée mais je sens que déjà, on a un bon feeling!



En-cordée pour s’accorder : Yoga’s day !

Un peu moins bien dormi que la nuit précédente…chaleur, bruit, pensées diffuses…Mais moins pire que parfois, donc je ne me plains pas.
Je me suis réveillée un peu trop tôt pour le cours de yoga qui commence à 9h30. Difficile de tenir 3 heures le ventre vide comme prévu pour moi. Je me permets donc un petit jus de fruit/légumes version brick et me prépare à refroidir un citron tiède. Il est l’heure par contre de la méditation dans la maison, donc je commence ma journée comme cela. Posée, nous n’étions que deux et la maîtresse de maison : parfait. Une jolie musique m’a permis de me détendre. Pas de méditation telle que la tradition appelle car j’ai beaucoup/trop pensé encore… en fait,  je me suis rendue compte que l’on m’avait pris du jus dans ma bouteille au frigo et ça m’a un peu énervée. Mon mental donc, était dans la fabrication d’une solution anti-vol mode frigidaire ce qui n’est pas très transcendantal. Mais bon, j’ai réussi par bouts de temps à m’agripper aux mélodies indiennes inspirées et à expirer la petite rage que je ne devrais pas ressentir face à de tels détails…certains n’ont peut-être jamais goûté aux jus de légumes, ils ont voulu expérimenter avant d’acheter, et grâce à  moi, qui sait, ils deviendront frugivores ! Ah ah !

Cela m’a permis après la séance d’une demi-heure ( pour moi c’est très long…mais j’apprends à me canaliser…), de discuter avec le garçon qui était à mes côtés. Il vient de Bombay, et va m’aider à trouver le chemin le plus simple et sécurisé pour aller à une destination qui me fascine et dont j’en parlerai prochainement. C’est bien. Et en plus, il est très gentil, ce qui élargit ma confiance in situ.
J’ai ensuite bu à très petites gorgées mon citron finalement resté tiède, pris une douche en me frottant au gant de crin comme tous les jours pour réveiller les pores de ma peau et les aider à soutenir mes reins, puis enfilé le conventionnel petit short et tee-shirt pour le yoga.

Je suis partie en accélérant le pas dans la rue, jusqu’à mon cours. Première arrivée, j’essaie d’ouvrir la porte que je vois fermée par un gros cadenas à l’intérieur. J’attends donc en plein soleil. Une moto arrive, deux blancs en descendent et me parlent un peu avec un anglais pas mieux que le mien. Je leur réponds de même, que c’est fermé. Puis les entends parler français. Je ris et leur dis qu’on se comprendra mieux comme ça ! Une barrière tombe…une de plus. Deux autres filles arrivent… apparemment elles parlent aussi français ! Bon, par contre, la dernière fait glisser la targette de la porte tranquillement et entre. C’était ouvert ! Moi et les portes…euh…comment dire…

Là, je vois que tous les élèves, se succèdent au lavage de pied, je fais donc de même. Nous entrons ensemble. Le professeur nous attend cérémonieusement dans la salle. Je suis pas à pas les gestes de ceux qui connaissent : une brique bleue en plastique, une brique en bois, un tapis, une espèce de sangle en tissu…
Pas de blabla à la française, silence total d’emblée. Le cours commence…  du début à la fin : une révélation !
Comment expliquer ? Une rigueur, une perfection de conduite, une autorité délectable, une correction automatique pour chaque élève ainsi qu’une attention particulière, une adaptation pour mon cas de crevette dès qu’il repérait que mon corps demandait d’autres outils car parfois trop laxe, trop fine, trop longue…un BONHEUR !

Étonnamment, comme la confiance s’est installée très vite avec les autres élèves – seulement 5 donc !- et l’enseignant, mon corps ne s’est pas du tout bloqué ! Bien au contraire, je lui ai retrouvé sa rigueur d’élève parfaite désirant vite apprendre et progresser.  J’ai été scotchée de la succession rapide, appropriée, logique pour les muscles de tous les exercices en commençant par le chant-mantra du début, jusqu’à la relaxation les yeux bandés pour bien détendre le nerf optique, la tête, jusqu’au bout.
J’ai déjà pris des cours de yoga mais comme celui-là : JAMAIS ! 

J’ai totalement pris mon PIED, à être suspendue dans TOUS les SENS par des cordages soutenant, limite berçant, sécurisant totalement l’élève !!! Cordes nouées de différentes façon, de différentes épaisseurs pour être suspendu par les épaules, pour totalement détendre le dos, pieds pris dans les murs, poignets bien tenus, totalement détendue vers l’avant, tous les muscles que je n’arrive pas à étirer d’habitude étaient heureux mais HEUREUX de l’être au point que ça me faisait l’effet certes d’un immense étirement mais surtout d’un repos physiologique parfait ! 

L’exercice le plus…impressionnant a été la chandelle : cordage, coussin long, chaise, mur, un truc incroyable pour se retrouver le sommet du crâne à terre et les jambes en l’air à devoir basculer dans un sens et dans l’autre, puis se retrouver toujours la tête en bas, une chaise au-dessus permettant après dans le basculement  d’étirer tout le dos jusqu’à la première vertèbre cervicale.

Bon, cet exercice étant particulier, l’enseignant était très très attentif aux réactions des « nouveaux » ( 3 sur 5). Une fille a eu un espèce de vertige, il l’a aussi repositionnée et il a adapté le matériel. Moi ça m’a fait drôle au départ de m’aider avec les poignets à me hisser parfaitement jusqu’au sommet de la tête le corps collé contre le mur, mais je ne me sentais pas trop mal…mais par contre, le temps passé dans cette position était long pour une première fois, - vive le ventre vide aussi, j’ai compris !- et je ne supportais plus le sang à la tête. Quand il m’a demandé si ça allait, je lui ai un peu dit, et aussi que je commençais à avoir des nausées. Il a automatiquement repositionné dans un certain axe très proche le haut de mon crâne. Ça allait mieux mais j’ai dû changer de couleur car il est revenu très vite en m’amenant à redescendre vite dans une position de détente…ouf mais ah ! La position de détente après ce moment était aussi totalement… adaptée aux muscles sollicités et ça m’a amené une sérénité intérieure, comme un gros SHOOT d’ailleurs, que je n’aurais pas soupçonnée pouvoir ressentir.

J’ai donc été totalement conquise par l’intégralité du cours : lieu à 50 mètres de chez moi- ça sera plus dur quand j e changerai…,  perfection – là je le dis vraiment PERFECTION- de l’enseignant, gentillesse et rigueur des élèves toujours prêts en silence à te tendre un outil, plaisir et bien-être évident de chacun sans avoir à le dire et gna gna gni comme partout et ce, devant tout le monde…
Bref, la paix ! 

Et…hasard ? Ma Fleur a jailli ! Une petite française qui vit en Inde depuis pas mal d’année, qui enseigne le Bharata Natyam, la fameuse danse du Sud de l'Inde connue majoritairement en France, branche classique de la tradition mais qui par sa globalité s’exprime sur tous les sujets de la vie !
Ce qui est étrange, c’est que j’étais tombée sur sa photo quelques jours avant et que je la retrouve à mes côtés, adorable…en quelques traits elle m’a expliqué comment elle fonctionnait ainsi que la danse et je suis donc invitée à me joindre à un premier cours mardi soir si j’en ai la moelle et sans pression. 

J’avais décidé dans mes plans d’apprendre trois choses : le tamoul parlé, le yoga si particulier que je pratique maintenant et qui m’avait échappé l’an passé pour cause de blessure avec un autre prof pas très attentif à ses élèves, et cette danse ! 
Voilà, je demande sincèrement : j’ai.Merci...
Je ne suis jamais aussi en relation avec des gens que lorsque je voyage SEULE. La meilleure des compagnies c’est de se sentir…accompagnée.
Ça exige de grosses remises en question qu’on ne peut faire qu’à l’écart d’un environnement qui n’est pas le sien, parce qu’on peut naître quelque part….et devoir grandir ailleurs…