mercredi 11 décembre 2013

Healthier

Mais insomniaque... je pense vraiment que la cause est clairement WIFI: comment expliquer que depuis que j'ai changé de chambre je ne dorme pas? Avant je ne captais pas le wifi, là, oui...

Autre chose, j'essaie de suivre le défi vivrecru et de stopper bien entendu mes crises qui étaient revenues avec aussi les douleurs de l'oesophage: la journée ça va, je prends juste du kombucha le matin, deux cocos fraîches le midi avec une belle papaye, et le soir c'est la cata. Alors que je ne mange qu'une grosse salade de feuilles vertes avec de l'avocat et quelques graines que je laisse à la clinique de l'ashram pour ne pas tout manger d'un coup avec deux trois fruits doux, et bien je mets la nuit entière pour MAL digérer. En clair, je souffre d'une dyspepsie majeure et je ne peux pas rester allongée sinon je régurgite tout comme un bébé. Les quelques fois où je me suis endormie je me suis réveillée les poumons pleins, c'est hyper angoissant et dangereux. Même en commençant mon repas à 17h 30, rien n'y fait , la nuit est blanche. Si j'avais un blender et un juicer là, je pense que je ne me nourrirais que comme cela pour tenter de calmer cette énorme inflammation qui m'inquiète depuis qu'elle dure et s'aggrave.

Pourtant je prends beaucoup d'aliments anti-ulcéreux mais rien n'y fait. 

Du coup le matin, je suis nauséeuse, pas bien du tout. Je m'accroche au yoga qui par ses postures inversées attachée à des cordes me font un bien énorme et me recharge a minima pour la journée. Les cocos fraîches me sauvent vraiment la vie, je les digère exceptionnellement bien mais ne suis pas encore capable d'envisager la monodiète, trop fragile psychiquement encore... mais je pense que malgré moi cela va tendre vers cela, avec peut-être la papaye en plus... je verrai.

Aujourd'hui, après le yoga, j'ai enfin réussi à réserver ma chambre dans la prochaine guest house car ici, on me demande de partir le ... 1 janvier! Sympa comme choix du jour! Et malheureusement, l'autre guest house ne peut me prendre que le... 2 janvier! J'ai usé de mon humour en demandant s'ils avaient une tente pour que je dorme sur le toit, et du coup je dois repasser dans 5 jours, la dame va faire tout son possible pour que j'ai la chambre un jour avant en appelant toutes les réservations non payées à l'avance. Je suis rassurée et même si je reste avec ce "creux", je pense pouvoir squatter chez un ami qui sera de retour à cette époque en laissant mes valises dans une des deux guest houses avec un cadenas.

Bref, je suis ensuite allée chercher mes légumes et papayes bio chez ma fameuse marchande qui m'énervait au départ car pas du tout aimable, mais le temps faisant, ça y est, on a trouvé notre corde d'accord et nous arrivons à sourire, rire, et à communiquer! Ouf! J'ai eu du mal à l'apprivoiser celle-là, en tout cas, c'est la seule qui ne fait aucun compromis y compris sur 1 roupie! 

Je n'arrête pas aussi de photocopier des livres entiers introuvables en France qui me permettent d'améliorer mes connaissances en techniques naturelles. J'ai oublié de dire aussi, que le médecin de l'ashram commence à m'expliquer les techniques de Healing, et que j'apprends aussi les bases de l'EFT avec bonheur mais lentement vu mon état de fatigue généralisée.

Puis, je suis allée récupérer mes chaussures que j'ai fait faire sur mesure avec mes petits griboullis comme patron. Le gars à mis plus de 30 minutes à ajuster les lanières pour que ça me tombe parfaitement: aucun des pieds n'est pareil mais ça va à mes pieds pas pareils ! Et j'ai honte mais je me suis rappelée d'un modèle que j'avais qui me plaisait énormément il y a quelques années en France, je l'ai redessiné et j'ai choisi les cuirs ( pardon, je devrais m'arrêter d'acheter du cuir mais les autres matières pour les chaussures je ne supporte pas du tout! ). Je sens que ça va être très beau: un bleu magnifique, du violet très assorti pour des petites fleurs en cuir avec du jaune pour faire ressortir l'ensemble.

Le tailleur n'avait quant à lui pas terminé d'ajuster mon haut que j'avais acheté sur le marché ni fini la doublure de mon pantalon de l'an passé, donc je repasserai demain. J'avoue déborder largement ce que je pensais dépenser ici mais finalement je préfère me faire PLAISIR avec des choses simples et que du coup je n'achèterai pas en France à l'arrache et hors de prix, que me faire du MAL à me priver sous prétexte que cela pourrait sembler inutile. Sauf que ça ne l'est pas, j'aurai mes chaussures pour la saison prochaine et je vais donner pas mal de vêtements que j'ai amenés ici...

Tout ceci en naviguant d'un point à l'autre sous une canicule impressionnante depuis deux jours. J'ai donc été ravie de retrouver mes noix de coco.

J'avais remarqué il y a deux jours, derrière ma vendeuse, une femme et un homme avec un petit bébé de quelques semaines qui vivaient dehors. Je les avais observés en sirotant mon jus et j'avais été scotchée de la douceur avec laquelle l'homme plutôt âgé et très maigre, s'occupait du bébé en le maintenant dans ses bras: mouvements extrêmement lents, doux, regards d'une tendresse infinie, silence parfait pour ne pas réveiller le bébé... La maman, assez âgée et  tout aussi menue lui apportait de quoi le nourrir dans un biberon - 100 % lait de vache: aïe!.. ensuite ils dépliaient un vieux carton, mettaient un tissu fin dessus et emmaillotaient le bébé dedans pour qu'il dorme... J'avoue avoir été très touchée par cette scène, sous un arbre, dans un petit recoin.

Aujourd'hui, la maman était seule et m'a aperçue: je lui ai fait un petit sourire et évidemment elle est venue me voir, et nous avons tout de suite sympathisé, j'ai un peu pris le bébé dans les bras, j'ai appris qu'il avait deux mois, qu'elle ne pouvait pas allaiter. Je lui ai expliqué qu'elle pouvait lui donner du jus  et du lait de coco, que c'était très bon pour le bébé qui apparemment souffre- logique- de diarrhées. Ses ongles sont longs et sales, et sur son crâne, il y a ... des crottes de corbeau... super. Le jus de coco contient notamment de l'acide laurique que l'on retrouve dans le lait de la mère, un acide gras saturé aux propriétés immunitaires, antimicrobiennes avérées.

La marchande de coco qui parle un peu anglais lui a expliqué. La maman n'osait rien me demander mais je lui ai offert une noix de coco aussi pour partager ce moment et j'ai bien vu que cela lui a fait plaisir mais surtout du bien. 


Je vais aussi lui acheter un biberon juste pour ce jus de coco ainsi je pense qu'un petit matelas à rouler pour le bébé avec une petite couverture car les nuits sont un peu fraîches certains jours. D'ailleurs le matin, beaucoup d'indiens se baladent avec un fichu de laine sur la tête noué comme une petite mémé avec des protège-oreilles comme si on était en hiver en France! Certains enfants ont même de gros blousons avec moumoute alors qu'il doit faire plus de vingt degrés: comme quoi la nourriture chaude n'aide pas le corps à créer sa propre thermogenèse.

Bon, j'étais quand même embêtée car j'avais envie d'une deuxième noix de coco et pas trop envie d'en acheter trois à la même marchande qui fait pourtant moins cher que les autres. J'ai donc migré vers ma première marchande de l'ashram bien que plus chère, mais ça me gêne de ne plus y aller car un petit rite s'est établi depuis le début avec les conducteurs de rickshaws autour qui se demandent parfois pourquoi je ne viens plus à la même heure. Donc je me suis offert ma deuxième partie du repas, tanquille, avec les enfants assis sur les noix de coco pour manger leur repas de midi ( toujours pareil: riz blanc, sambar, pas une crudité...) Cette fois, j'ai eu un bon mélange jus et chair qui m'a permis de continuer mon rythme du midi sans avoir faim après. 



Bon, je suis rassurée, je pense qu'il me restera du stock aussi pour demain:



Vraiment, j'adore siroter sous les arbres...ça, ça me régénère! 




Par contre, grand tord de manger la papaye après: les brûlures reprennent...

Alors, je n'ai plus qu'à faire des activités calmes: enfiler des perles, mon plus gros passe-temps ici! 

COUCOUNUT! 



lundi 9 décembre 2013

S'accrocher au radeau

Je m'excuse auprès de mes lecteurs de ne pas donner de nouvelles de l'orphelinat, du jardin: j'ai dû arrêter pour cause d'une vague submergente de fatigue, voire de dépression... J'avais pourtant préparé mes cours de réflexologie: 



Mes troubles alimentaire avaient repointé leur nez depuis quelques jours, et je suis arrivée dans un tel état d'épuisement au point même d'alerter l'entourage qui avant m'ignorait grandement, que j'ai fini à la clinique de l'ashram, en larmes, avec une tension extrêmement basse...

Le médecin m'a longuement écoutée, et ici à Pondichey, cet homme est la référence en Healing. Il a ouvert un très vieux livre où les troubles alimentaires étaient notés. Il a lu ces écrits où je pouvais apercevoir des explications sur la dominance des cerveaux gauche ou droit, les méridiens, et pas mal d'autres symboles: il m'a dit que j'étais victime d'une attaque chamanique. 

Je l'ai laissé dire, je n'étais pas en état de lui poser des questions et il faisait des signes étranges autour de moi... Il était adorable par contre il a refusé d'ouvrir la page boulimie car pour lui tout mes désordres sont bien du côté de l'anorexie. Il a compris mes difficultés à gérer les stocks de fruits, de noix, d'avocats, même s'ils sont petits. Il a été assez sévère concernant des phrases que je disais sur mon corps, ma façon d'aimer une chose, de ne pas en aimer une autre... Je me souviens d'une phrase " oublie ton cerveau, et prends le mien pour le healing!" Et spontanément, il m'a offert l'opportunité et presque l'obligation d'utiliser le frigidaire de son cabinet! Ainsi il pourrait me voir plus souvent et de toute façon exige de me voir une fois par semaine: sachant que c'est gratuit ou don libre, ce n'est pas une affaire de sous.
 Ça m'a touchée. J'ai un peu hésité avant d'accepter mais voyant la réalité, je me suis dit que je devais au moins accepter son aide. Il m'a pesée malgré mon refus, mais le poids semblait faux, et d'ailleurs à la guest house on m'a dit que sa balance était totalement morte! Ah ah! En plus, il s'appuyait sur mon épaule: pour le poids affiché, j'avais pris 3 kilos - énorme pour moi- mais la réalité est peut-être autre. Le docteur m'a dit ce que je savais déjà mais il a apporté aussi la rigueur de la vision de Sri Aurobindo et de Mère sur la nourriture et le corps. Evidemment, le côté cru ne lui plaît pas non plus, mais peu importe, je ne lâcherai pas cet axe même si je pense préférer aller manger un peu de cuit bio que des fruits qui ne le sont pas. 

Donc voici mon trajet jusqu'au frigidaire où j'ai laissé des magnifiques sapotes très sucrées et quelques cajous et amandes que je vais jeter car non bio et maintenant ça me dégoûte.



Je me suis aperçue combien j'étais perdue dans ma tête et j'ai ri en voyant les traces de ce désordre dans ma chambre! Il est temps que je me ressaisisse! On dirait un slalom géant!


 Voilà mon nouveau petit programme que je tente de suivre en continuant à me raccrocher au site Vivrecru et à ces trois semaines de "suivi de programmes personnels":
Le matin, je bois du Kombucha et du jus d'herbe de blé, le midi je m'achète deux fraîches coconuts et je bois le jus et mange la chair pour avoir aussi un peu de matières grasses et j'enchaîne avec une grosse papaye.

 



Le soir, je garde mon immense salade, avec de moins en moins d'ingrédients et de plus en plus de feuilles vertes. Je mets également un tout petit peu de matière grasse pour me couper l'envie de la crise. Je termine par (trop) de fruits... je me fais encore beaucoup de mal avec ce remplissage qui m'empêche de dormir...

J'ai eu besoin de mettre une fois du tofu bio, une envie irrésistible de changer de texture et de prendre des protéines mais aucune envie de graines germées et de produits animaux donc bon... mais de toute façon cette salade n'est pas passée...


Je tente de continuer à lire un peu mon livre sur les chakras qui me permet aussi de mieux comprendre mes blocages mais j'avoue préférer actuellement me perdre dans les délires de Cent ans de solitude de Marquès.


J'erre en ville, doucement, je m'achète des choses inutiles mais qui me font plaisir aussi avec beaucoup de couleurs: des perles pour mes bracelets que je tente de continuer à créer un peu chaque jour, des chaussures que je dessine et fais faire sur mesure, des hauts indiens que je fais réajuster à ma taille chez un petit tailleur du coin qui ne me prends que 20 roupies pour le sur mesure.

Je suis un peu en électron libre, un oiseau sans aile, un poète qui a perdu son âme, ça tangue, la vie tourne autour de moi... et le bruit se décuple... le bruit de l'Océan et du vent s'associent aux vibrations du marteau-piqueur pendant que les klaxons vrillent mes tympans... Les gens bougent dans tous les sens, les vaches me poussent de leur tête et les chiens à trois pattes m'aboient dessus...mais plus je laisse aller en acceptant ces moments, plus des brèches s'ouvrent comme la rencontre ce matin d'une des responsables du jardin qui m'a dit elle aussi que j'avais l'air exténuée. Immédiatement elle m'a suggéré quelque chose de très beau: venir au jardin sans travailler, choisir l'arbre, les fleurs qui me plaisent et m'asseoir pour recevoir leurs messages et leur énergie... je lui ai expliqué que le matin je n'arrivais pas à me lever si tôt, mais que dès que je le pourrai je ferai ce pas car je sais que j'en ai besoin et que la ville me sature.

Je me suis aussi accrochée à la danse et l'enseignante s'est aussi adaptée à mon rythme et du coup je suis très contente de ce que j'apprends même doucement. Je sens bien que mon cerveau a du mal à enregistrer mais je sais aussi que je suis intoxiquée au mercure et je pense que la noix de coco a un effet de détoxination avec relargage à l'intérieur. J'ai donc commandé dans mon magasin biologique plus de coriandre et je continue jour après jour mes cataplasmes d'huile de ricin.

Je me fais aussi des bains de bouche avec le sel de l'Himalaya pour contre-carrer l'acidité qui me dévorait les commissures des lèvres et j'avoue que ça va de mieux en mieux de ce côté là. 


Voilà un sel qui ne manque pas de vertus:

J'en mets aussi un peu dans mes salades car j'ai besoin de surveiller mon taux de potassium. Noix de coco et sel de l'himalaya plus tiges de céleri m'aident donc beaucoup ici.

Dernier point fondamental, je sens que seul le yoga m'aide à retrouver les sensations de mon corps, surtout celui d'Iyengar que je continuerai dans ma ville en France si la prof me convient- sinon seule comme je peux avec ce que j'aurai appris ici. Pour rythmer ma semaine et aussi mettre ma conscience dans une rigueur essentielle, j'ai augmenté les cours et j'y vais tous les deux jours. J'ai parfois des moments très difficiles sur place mais le professeur est tellement méticuleux, parfait, qu'il m'aide à réaligner tout... je suis à chaque fois impressionnée par la structure de son cours où pas une seconde n'est perdue: ça commence à la seconde près et fini à l'heure pile sans trêve avec un matériel divers, parfois complexe mais tout est sous contrôle...et ça me fait du bien...

Je pense aussi être un peu chahutée par les préparatifs de Noël que je vais passer seule, et ici tout est encore extrême, énorme... le chocolat arrive en quantité astronomique dans les magasins, des étoiles gigantesques brillent partout, les Père Noël géants fleurissent dans les rues...

Mais cela dit, j'aime beaucoup aussi ces lumières, surtout celles de la guest house près de l'étoile de Sri Aurobindo que je porte aussi à mon cou... j'ai choisi d'avoir Sri Aurobindo et non Mother, pour le symbole qui me rappelle l'étoile juive et un peu mon histoire, mes racines... et surtout car Sri Aurobindo est le tumulte, l'énergie, la poésie, la force inspiratrice...Pour moi Mother est le médium de Sri Aurobindo, elle met à la portée de tous des discours souvent complexes... et moi je préfère garder une part d'obscurité en moi pour prendre le temps de comprendre par moi-même: quand je ne suis pas prête, je ne vois pas pourquoi j'aurais besoin d'un relais... cela ne passerait pas non plus de forcer une porte fermée...volontairement ou non...Je suis trop fragile pour aller plus vite que MA musique...Mon égo est encore très présent et j'en ai encore besoin, je ne me sens pas encore suffisamment forte dans mon corps pour accepter toute cette lumière... enfin, je pense être un peu assombrie par des forces aussi cachées qui me submergent: the Chamanic Attack! 



Je voudrais aussi comme tout un chacun, rendre hommage à Nelson Mendela qui a laissé son corps... ici il est aussi sur le champ d'honneur, sous la protection de la statue de Gandhi... ce n'est pas rien...
Et quand on connaît les relations de la famille de Gandhi et de Sri Aurobindo, qui a laissé son corps quelques jours auparavant ( mais pas la même année), je me dis que le mois de décembre a été haut en énergie... peut-être trop pour moi en ce lieu où les énergies subtiles se concentrent...



vendredi 6 décembre 2013

L'enfance qui parcourt le monde

C'est beau un enfant laissé seul de temps en temps!





Tout simplement... with LOVE!

Balancing your chakras

Quelques extraits à partager à propos de la Kundalini:







WE ARE HERE TO DO A WORK

We are here to do a work
Of immense spiritual import,
A labor difficult, subtle, grand,
In hidden depths and heights of being.

Our time is short, the need urgent.
Forces of darkness linger
Over our sick, suffering world
That needs to heal fromp within.

At every step we are besieged,
Obscured by a Shadow's influence.
We fall, deflected from our task;
Delayed, our long beginning drifts.

Above, a golden Light descends,
All powerful, to its sovereign Truth
We must deliver every part
Of our divided being to unite.

In Streams of light
Poems on Yoga and Sprituality
Larry Seidlitz


Je continue à suivre avec assiduité les cours de yoga IYengar qui sont d'une perfection absolue, l'enseignant est d'une rigueur parfaite, scrutant le moindre décalage au millimètre près des alignements. Cette autorité guidante me fait un bien absolu, m'oblige à orienter ma conscience dans la moindre partie de mon corps, je découvre des intentions volontaires qui réveillent des parties qui dormaient. C'est un pur bonheur que cet éveil à son propre corps. 

La danse Bharata Natyam m'apporte aussi énormément: un travail méticuleux qui me permet de travailler conjointement la mémoire, le regard, les mains, le cou, les pieds, le corps dans son intégralité, l'orientation et surtout le symbolique par la découverte de paraboles qui m'éclairent aussi sur les positions des sculptures que je vois dans les temples...

Bref, cela m'oblige à remettre en question le côté tamasique, paresseux, intoxiné de mon corps dans son intégralité et surtout de mon esprit... et là encore, l'alimentation crue et les jus participent de ce changement.

C'est bien de découvrir les racines de la souffrance... cela permet de les nettoyer à coup de lumière et de connaissance...


mardi 3 décembre 2013

Battre de l'aile ou battre des ailes

Alors, ici, j'apprends à surfer! Vraiment quel aventure pour tenter de se désenliser.

Premier acte: farnEANTER:
 



Donc clairement, je manquais de jus...dans tous les sens du terme: je ne pouvais plus rien digérer. Mais malheureusement, mon juicer s'est cassé dans mes mains au deuxième jour, ne supportant pas l'épreuve de la carotte mal coupée et de la patate non râpée ( oui, je mange de temps en temps de la patate crue en mélange, nickel pour faire cicatriser mon oesophage qui n'en peut plus de toutes les agressions que je lui ai fait subir.).




Avant que ça ne cède, j'ai pu me faire un verre de jus, mais le reste a fini en salade...


Et moi, en fille énervée et frustrée...

Et ça a mal tourné... ça, oui! Manivelle bloquée cassée, retour de manivelle sur la fille bloquée, cassée...

J'ai perdu des plumes, et comme un avion sans ailes, j'ai piqué du nez... rien à voir avec la nuit, je n'ai pas dormi.

Après avoir chanté en douleur " je remonte la mécanique...", j'ai disséqué l'autre mécanique à défaut de pouvoir le faire sur moi à cet instant, et j'ai vu l'os cassé! Je suis allée chercher de quoi opérer avec de la glu, et oh bonheur ! J'ai pu réparer l'oiseux de malheur! ( devenu oiseau de bonheur...)

Comme par enchantement, j'ai retrouvé le sourire et l'espoir, bien disposé à ne pas lâcher l'os... le bon, celui où l'on a de la moelle...

Un peu fatiguée le matin après ma nuit agitée, j'ai recommencé "mollement" avec un jus qui a priori ne demandait pas trop de force: pour les deux machines, et pour mon état flagada, il me fallait ça!



J'ai encore séché le jardin, car totalement incapable actuellement de renouer avec l'ashram, et la société des connus en général et sans état d'âme, car besoin de me retrouver et de savoir dans quels sabots je dois mettre mes pieds pour ne plus me saboter...

Ma matinée a été d'une grande simplicité, mon ami  partant pour la Thaïlande est passé en moto me déposer ses légumes bio...
J'ai ensuite sauté sur mon vélo, et  après m'être enfilée un jus de coco, j'ai filé au marché où j'ai acheté- tant pis pour mon porte-monnaie: de jolies perles et du fil pour mes bracelets, un porteur de repas cloche à trois étages pour aller pique-niquer, du raisin extra mûr pour ne plus tenter le dur, et un fruit incroyable et désirable qui ressemble à une petite prune tombée de la lune, avec le goût conjugué de la datte et de la coco fraîches quand elles sont de mèche. Il est possible que ça soit une variété de datte  très mûre, je n'en suis pas sûre, mais le nom en Tamoul ne m'a pas aidée à le déterminer.


J'ai fait quand même une jolie salade car j'avais besoin de mâcher, entraînée par mes mauvaises habitudes... Ode aux mâchoires... mon désespoir...
Mais je prends l'habitude de bien râper pour ne plus avoir le ventre gonflé...


Je me suis ensuite fait un sublime jus de raisin, pressé avec mes petites mains:



Mais c'était tellement bon que je l'ai bu tout rond... mais quand même à la petite cuillère qui s'est affolée la première... moi je l'ai suivie, car j'en avais trop envie!

Je me suis retrouvée à chauffer de la tête au pied! Et avec l'humidité, j'ai pu m'offrir un joli hammam et une bonne douche gelée pour me revigorer.
Mais franchement, le jus retrouvé, c'est le pied!

Je suis repartie,en fin d'après midi après avoir musardé toute la journée, récupérer un livre imprimé: je vais enfin apprendre à libérer mes chakras, surtout ceux du bas...

Puis j'ai longuement marché, le long de l'océan pour finir enivrée... et crevée.


Je me suis reconfectionné une joli salade en évitant qu'elle ne soit trop fade: j'ai laissé échapper le curcuma mais ce n'est pas grave, j'adore ça... Les couleurs, restent un bonheur...coeur et couleur  partagent quelques lettres pour le plaisir de l'être...



J'adore les carottes râpées avec le citron et la menthe fraîche, ça me donne la pêche. Le flot continue, j'ai la métaphore en sémaphore... Un peu de Kokam calme la vague de l'âme, parfois un peu amère, quand je la laisse faire.

Mon dessert fut juste parfait: un peu de raisin noir, une petite pomme sucrée à souhait, une petite clémentine qui a bonne mine, et une orange locale toujours un peu pâle. J'ai ajouté un peu de menthe hachée et quelques feuilles de cumin qu'il me restait sous la main. Le résultat était divin. 







Je l'ai savouré avec gourmandise, elle sentait terriblement bon. Une bénédiction. 

J'espère tenir bon et retrouver mes ailes car je préfère la gaité du pinson à la mort de l'espadon...

J'ai été stupéfaite pour la première fois en deux ans, de croiser autant de singes dans la rue...je crois qu'ils ont dû prendre le même bus jusqu'au terminus.

Et bien, tenez-vous bien, devinez ce qu'ils mangeaient? Non pas des feuilles vertes et des fruits du paradis, mais ... ils étaient le nez vautré dans des sacs de farine tamisée, et les mains plongées dans les stocks de riz cuits balancés... ça me rappelle l'an passé à Gingee, lieu plein de magie...le cuit semblait  les intéresser bien plus que les bananes déposées!





Mais quand je vois les chèvres lécher la colle des murs et les chiens se délecter des couches balancées, je me dis que l'être humain est vraiment "mal-sain" et est en train de faire un carnage dément dans son environnement: mieux vaut être un rat des champs que devenir un rat des villes et "débile"...

J'en arrive de plus en plus à être convaincue, que la guerre du cru va annoncer sa revanche sur le cuit: aucune inquiétude sur la pérennité de la gastronomie... plus on sera nombreux à être ces acteurs du remaniement, plus le monde pourra se redresser sainement.

Je crois sincèrement que l'équilibre peut se retrouver mais il faut auparavant lutter et résister...

Les forces cachées sont faites d'ombre et de lumière, mais l'ombre n'existe pas... elle n'est que l'absence de lumière, son attente.. il faut refermer les portes qui ne mènent qu'à des impasses et pousser doucement celles qui peuvent nous offrir les portes du firmament... tu confirmes MAMAN? 

Merci d'être là avec moi, dans cette aventure... qui n'a pas été sans torture... mais la douleur peut ouvrir sur le bonheur avec santé et joie retrouvées.

Bonne fête maman! 

Ah ce n'est pas aujourd'hui ?

Tant pis!

dimanche 1 décembre 2013

Kitchen's room

Bon, j'ai basculé pendant trois jours à nouveau dans la bouche/boucle de l'enfer. Mes cellules malades ne ratent pas une seconde pour me rappeler de les nourrir à l'ancienne dès que ma fatigue s'intensifie.

Le problème est bien la fatigue.
Du coup, j'ai mis le pied sur stop, j'ai même sauté hors du bus de l'ashram un matin et au lieu d'aller bosser pour le divin avec les autres, j'ai marché en tongues assez longuement en respirant bien le long de l'océan. Revenue, j'ai décidé de suivre la commande de mes surrénales à plat: le repos et trouver mon propre rythme.

J'ai aussi séché l'orphelinat.
J'ai refusé deux invitations dans un restaurant dit de "gastronomie indienne": non merci...
J'ai décliné un groupe de chant autour du "Aum" qui pourtant m'aurait vraiment fait du bien, mais vu que j'étais sur un mode hypersensible, je sentais que mes émotions allaient fuser. Je préfère verser mes larmes -salvatrices- dans ma chambre...

Mais j'ai remercié ces propositions avec le coeur en expliquant dans le même lieu que mon refus était justifié.

Etonnamment, le changement de rythme m'a fait immédiatement du bien. Je savais aussi ce qu'il me fallait: des jus, des jus verts! Pour ceux qui ont du mal à suivre, allez sur le site vivrecru.org...
Je ne digère plus les salades que je me faisais et tous les fruits: trop de fibres pour une fille partie dévitalisée et ma balance potassium sodium a cessé de fonctionné ce qui m'a poussée à mes travers...qui se sont révélés intéressants pour stopper une machine qui s'emballait sans moi: je n'étais plus à ce que je faisais, même si ça semblait fait avec le coeur, je me perdais...Le côté " il faut s'oublier dans l'immensité", non merci... les bonnes âmes ne m'en voudront pas de vouloir d'abord restaurer mes fondations physiques... de toute façon rien n'est séparé. Le yoga intégral ne demande pas de religiosité ni de dévotion sans racines. Mon professeur de Yoga Ibyengar m'a même demandé de ne faire aucune méditation qui m'éloignerait de mon corps. Je me suis donc accrochée au yoga du corps et il va me proposer des asanas spécifiques à mon "état."

J'avais pourtant essayé d'écouter mon corps qui hurlait à plus de gras et de diversité dans mes salades... mais les jus, les jus...



J'ai commencé depuis quelques temps par un petit déjeuner qui me va mieux:
Kombucha fait maison par le restaurant cruvegan d'Anandi, un jus d'herbe de blé bio qui vient du Nord de l'Inde et deux trois clémentines, parfois une ou deux sapotes...Parfois j'en reste aux jus et j'ai aussi le triphala actuellement.



Ensuite, je n'ai pas cessé une seule fois d'aller acheter ma coco fraîche dont le jus est isotonique au sang, tout en mangeant la chair "fraîche"- on ne parle plus de la même chose côté veg.- Malheureusement, à chaque fois que je m'y rends en grande fragilité, paf, la vendeuse m'en offre une seconde et je n'ose refuser... et me laisse emporter... Idem, je vais acheter mes papayes et paf, la vendeuse me donne sa trentaine de bananes trop mûres! Par contre les jours où je vais bien, je n'ai pas de cadeaux endiablés! Étrange...  je dois faire carencée les jours d'orage...

Je me suis lancée aussi dans les cataplasmes d'huile de ricin sur le ventre et les surrénales, mis à part le côté gras de la chose, c'est très agréable et je crois que ça me fait directement du bien. Je continue par voie interne l'aloe vera pour cicatriser mon oesophage et j'y adjoins à chaque repas du Kokam, une plante qui non seulement m'apporte le sodium pour compenser les pertes de potassium, mais est aussi un anti-ulcéreux et agirait sur la sérotonine! Pur hasard de mon choix, j'avais choisi cet aromate pour changer du tamarin qui me brûlait la bouche et j'ai découvert par la suite que toutes les propritétés de cette plante étaient pour moi!
Ce sont les petits morceaux noirs qui ressemblent à des pruneaux que vous voyez dans mes salades. Je les fais tremper puis je bois le jus, j'en garde une partie pour la sauce et je découpe ensuite cette espèce de prune en fins morceaux.

Bref, hier je me suis reposée, j'ai fini mes dessins qui restaient inachevés, mes perles et ça m'a fait le plus grand bien.




Sans modèle, je commence à me débrouiller dans les kolam




A gauche bracelets pour les chevilles: en Inde si tu n'en portes qu'un tu es... occidentale et...ridicule.

J'ai revu aussi un ami tamul de l'an passé qui tient une boutique de confection de sacs, bijoux et autres créations, nous avons pris un pot, ça m'a fait beaucoup de bien. Il m'a présenté à sa stagiaire Sandrine qui vient de Martinique, une jeune fille très gentille, drôle qui discute de tout, vraiment, je suis ressortie enchantée de cette rencontre qui m'a demandé un petit effort pour appeler. Ça m'a donné envie de renouer avec quelques partages "mondains"! Mais étrangement, je me suis laissée guidée pour le choix du "café" et devinez où la moto de mon ami s'est arrêtée? Dans le magasin qui fait salon de thé bio, où je vais régulièrement! Comme quoi... bon, j'ai été la seule à dévier du café et du thé mais la discussion évidemment a terminé sur le...cru. Et je n'ai pas été celle qui a commencé la conversation...c'est juste grâce au jus d'orange! 

Mais je reste très fatiguée, vraiment, et si ce jour je ne vais pas encore à l'orphelinat c'est que j'en ai tout simplement pas l'énergie: je crois que le carburant n'est pas le principal, il faut recharger cette batterie, chose que je ne fais jamais, donc ça suppose du temps à ne rien faire ou à faire peu, et surtout en solo...

J'en profite pour renouer un peu avec la littérature française grâce à un livre que j'ai trouvé perdu dans la guest house: l'Etranger de Camus; Je pensais l'avoir déjà lu, mais en fait non! Ou alors ma cervelle fait défaut...vue ma difficulté à intégrer les pas de danse indienne, les chansonnettes et les mudras, je crois qu'il y a un peu de cela: mais ça tient au défaut de "charge"...

Voilà, il y a des graines qui mettent du temps à pousser et pas forcément là où l'on voudrait qu'elles poussent.

En attendant, mes graines rapportées d'Afrique ont éclos au jardin de l'ashram!







Je réédite ce message quelques heures après car je suis très heureuse d'annoncer que mon juicer manuel fonctionne très bien avec les fruits très juteux! J'ai rajouté juste une petite pomme à 500 grammes de raisin noir très mûr et j'ai obtenu avec bien moins d'effort, deux grands verres avec une texture....hum, comment dire... ça n'est pas un jus, c'est presqu'un smoothie à tomber par terre...à manger à la petite cuillère... J'ai eu l'impression de manger une compote de myrtille en fait, sauf que là, c'est cru et fait avec mes petites mains...ça fait tellement longtemps que je rêve de cela que j'ai mangé tout doucement ce qui pour moi, là, tient de la nourriture divine. Enfin, je me suis sentie...NOURRIE.

Merci le divin pour avoir mis sur mon chemin à ce prix là, ce juicer...aussi imparfait soit-il, pour moi, il est juste...parfait. Il tombe à pic pour m'éviter de ... plonger...MERCIIII !





Yummy! 

je retrouve le sourire...  bientôt l'énergie?